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Gidy (Loiret): Un projet de plateforme logistique XXL classée Seveso ! Riverains et élus contre !

Un collectif de riverains s’oppose à la création d’une énorme plateforme logistique, qui stockera des produits combustibles et inflammables, à Gidy. La Métropole a aussi émis un avis défavorable.

Le projet doit voir le jour sur un terrain de 15 hectares, en bordure de forêt, à Gidy, aux portes de la Métropole et à deux pas d’une zone pavillonnaire, « La Tassette ».

Une plateforme logistique XXL qui abritera une surface de stockage de 55.000 m² (l’équivalent de huit terrains de foot), moyennant 35 millions d’euros d’investissement. Un nouveau mastodonte qui effraie un peu dans ce coin où les voisins s’appellent pourtant Amazon ou Alcatel.

Car le futur site, pour lequel une enquête publique est en cours, doit être classé « Seveso seuil bas ». Selon les déclarations de la société Sequoia, porteuse du projet et détenue par l’entrepreneur local Stéphane Robinet, on pourra y stocker « du bois, des plastiques, des pneumatiques, mais aussi des produits combustibles, des solides et liquides inflammables, des aérosols, des produits javel ou d’autres matériaux “dangereux pour l’environnement aquatique”« .

Ajoutez à cela les nuisances générées par 300 camions et 250 « véhicules légers » quotidiens qui doivent circuler « entre 5 heures et 20 heures », en grande partie sur la RD 557, et ce projet a tout du dossier… explosif.

« Nous ne sommes pas contre une activité industrielle à proximité, mais ça dépend des matériaux stockés. Que se passera-t-il si un incendie survient, avec des maisons à côté, des bois et 1.500 personnes qui travaillent chez Amazon ? Il y avait 1.000 autres choses à faire. »

PATRICK AUBRY (Propriétaire de bois voisins)

Dominique Birre, qui vit à proximité, pointe, lui, une étude d’impact environnemental « pas si bien menée que cela car elle oublie qu’en 2016, ici, on avait de l’eau partout après les inondations ». Quand un troisième riverain s’alarme du prix des biens qui vont chuter et de la décision du maire de Gidy (que nous n’avons pas pu joindre) d’accorder le permis de construire.

Ils projettent de distribuer 2.000 tracts dans les maisons environnantes. Si elles sont assez peu nombreuses à proximité immédiate, des lotissements sont situés à quelques centaines de mètres, à vol d’oiseau.

Des élus méfiants mais attirés par les emplois créés. Vont-ils céder aux sirenes patronales ?

Le projet interroge aussi les élus de la Métropole d’Orléans voisine. Pourtant sensibles aux arguments économiques – la plateforme doit créer entre 150 et 250 emplois –, ils ont émis, jeudi 29 avril, un avis défavorable sur le projet, au stade où il en est, sur la base notamment de l’étude de la mission régionale d’autorité environnementale (MRAe).

« Elle fait état d’éléments insuffisants sur le risque inondation dans une zone sensible liée à l’imperméabilisation de la zone et la question connexe du ruissellement en cas d’inondation, s’est inquiété Serge Grouard, président délégué (LR) chargé de l’environnement. Au vu de ce dossier paraissant incomplet, une demande a été sollicitée, tout comme l’avis de la préfecture qui n’a pas, à ce stade, donné d’élément complémentaire suffisant pour avoir un avis totalement rassuré sur ce dossier. »


La maire de Saran, Maryvonne Hautin (PCF), s’est élevée contre l’explosion du trafic routier. Alain Touchard, maire d’Ormes, commune voisine du site elle aussi, s’est abstenu. « Attention à ce que l’on dit ou fait. Il faut des garanties sur l’écoulement des eaux, sur les rétentions. Mais ne soyons pas des personnes irresponsables, je vois les gens qui cherchent du travail… »

Christophe Chaillou, président de la Métropole, a résumé, consensuel. « On doit continuer à proposer des activités qui pourvoient des emplois peu qualifiés, même s’il ne faut pas tout accepter. Mais nous reparlerons de ce dossier… ».

Contacté, le porteur du projet a estimé qu’il était « très prématuré de s’exprimer à ce stade ». Sur les matières stockées qui peuvent inquiéter, il a seulement expliqué que « plusieurs options » restaient possibles. 

La superficie moyenne d’une plateforme logistique en France est de 18.000 m2. Au-delà de 35.000 m2 c’est une grande plateforme (10 % des sites en France). 

La classification Seveso distingue les sites industriels en fonction de la quantité de matières dangereuses. Le risque est dit « majeur » pour le seuil haut, « important » pour le seuil bas.

Florent Buisson La République du Centre

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Cette entrée a été publiée le 19 mai 2021 par dans écologie, économie, ORLEANS AGGLOMERATION.