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Mort de Clément Méric, militant antifasciste : les deux accusés jugés en appel au tribunal d’Évry ! Ni oubli ni pardon !

Il y a huit ans, le 5 juin 2013, Clément Méric, militant antifasciste et syndical, était assassiné par des nervis d’extrême droite, membres du groupuscule Troisième Voie. Cinq ans plus tard, en septembre 2018, le procès de ses assassins se tenait enfin, au terme duquel Esteban Morillo et Samuel Dufour avaient été reconnus coupables de « violences volontaires avec armes et en réunion ayant entraîné la mort de Clément Méric », et condamnés respectivement à 11 et 7 ans de prison. Les deux néonazis ont fait appel, et le procès se tient du 25 mai au 4 juin à Évry.

« Les forces fascistes contre lesquelles luttait Clément ne cessent de progresser »

C’est donc dans le contexte de ce procès que se tiendront les manifestations annuelles en hommage à Clément Méric le samedi 5 juin. Un procès durant lequel, comme le raconte notamment le site La Horde, les accusés jouent les victimes, tentent de banaliser la nature de leurs engagements dans un groupe d’extrême droite violent, et essaient même de rejeter la faute sur les anti­fascistes et donc sur Clément Méric lui-même. Immonde.

La mobilisation du 5 juin se tiendra aussi, plus globalement, dans un contexte de progression des forces et des idées d’extrême droite, en France comme dans le reste des grands pays capitalistes « développés », avec des participations gouvernementales de forces fascisantes, voire fascistes, et une reprise de plus en plus forte du programme raciste et réactionnaire des courants d’extrême droite. La situation internationale est ainsi marquée par un renforcement des logiques autoritaires et des politiques discriminatoires au sein des démocraties parlementaires, et par un approfondissement de la crise économique, dont les tragiques conséquences servent de carburant aux courants d’extrême droite, toujours prompts à monter les victimes du capitalisme les unes contre les autres. 

Comme le rappelle l’appel unitaire à la mobilisation du 5 juin : « 8 ans après sa mort, les forces fascistes contre lesquelles luttait Clément ne cessent de progresser. En plus de l’essor électoral du Rassemblement national, on a pu observer non seulement la persistance des violences perpétrées par des groupes d’extrême droite, mais aussi la circulation de leurs idées, des plateaux télé jusqu’au plus haut sommet de l’État. Depuis 8 ans, on a vu la chasse aux migrantEs s’intensifier, le racisme institutionnel et en particulier l’islamophobie gagner en légitimité et en intensité dans toutes les sphères de la société. On a vu le complotisme se développer et les actes antisémites augmenter. On a vu les violences policières s’étendre, tandis que des politiques néolibérales frappent de plein fouet les plus démunis. Les mouvements sociaux de ces dernières années ont été largement réprimés, cette répression s’étendant à celles et ceux qui luttent contre les idées réactionnaires, qu’ils et elles soient antifascistes, syndicalistes ou militantEs LGBTQIA+. »

No pasarán ! 

Nous étions parmi les milliers qui scandaient, lors des manifestations consécutives à la mort de Clément, « Ni oubli ni pardon ». Non, nous n’avons pas oublié. Non, nous n’avons pas pardonné. Nous réitérons notre soutien à la famille, aux amiEs et aux camarades de Clément, et participerons aux différentes initiatives organisées à l’occasion du procès. Et au-delà, nous n’oublions pas ceux qui, par leurs politiques antisociales, par l’adoption de la rhétorique et des propositions de l’extrême droite, par leur complaisance à l’égard des courants réactionnaires, ont favorisé, et favorisent encore le regain d’influence et de confiance de la bête immonde. 

Pour citer, là encore, l’appel unitaire : « Bien qu’il soit nécessaire que la justice reconnaisse la responsabilité des militants de l’organisation néonazie Troisième Voie qui s’en sont pris à Clément et à ses amis ce 5 juin 2013, cela ne saurait suffire car, par-delà la question judiciaire, il est impératif d’organiser une mobilisation politique et de replacer le meurtre de Clément sur le plan politique : la montée en puissance de l’extrême droite et de ses violences dans le monde. »

Ne rien lâcher face à l’extrême droite. Lutter sans relâche contre le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie. Accueillir les migrantEs, touTEs les migrantEs. Défendre une liberté de circulation et d’installation inconditionnelles. Se battre contre l’homophobie, le sexisme, pour une réelle égalité des droits. Refuser le fatalisme et la résignation. Défendre, encore et toujours, la perspective d’un autre monde, débarrassé de l’exploitation et des oppressions. À la mémoire de Clément, et de touTEs les autres. No pasarán !

Condamnés à 7 et 11 ans de prison en 2018, deux anciens skinheads sont jugés en appel à partir de ce mardi devant la cour d’assises de l’Essonne, pour la mort de Clément Méric.

Deux anciens skinheads sont jugés en appel à partir de ce mardi 25 mai 2021 devant la cour d’assises de l’Essonne pour leur participation à l’affrontement du 5 juin 2013 au cours duquel le jeune militant antifasciste Clément Méric est mort

Le procès en appel des deux meurtriers présumés de Clément Méric s’ouvre ce mardi 25 mai 2021 devant la cour d’assises de l’Essonne. Quasiment huit ans après l’affrontement qui a couté la vie au jeune militant antifasciste, les deux anciens skinheads Esteban Morillo et Samuel Dufour, font de nouveau face à la justice.

En 2018, en première instance, les deux accusés, âgés de 20 ans au moment des faits, avaient été respectivement condamnés à onze et sept ans de prison pour violences avec armes et en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Clément Méric, mort à 18 ans lors d’une bagarre

Esteban Morillo a été condamné pour avoir porté les deux coups mortels au visage de Clément Méric. Samuel Dufour, est lui accusé d’avoir empêché les camarades du jeune militant antifasciste de lui porter secours. Alexandre Eyraud, l’autre skinhead qui comparaissait, avait été acquitté.

Le 5 juin 2013, Clément Méric, étudiant de 18 ans et militant antifasciste, s’est écroulé sur le bitume de la rue Caumartin dans le quartier Saint-Lazare à Paris, après avoir été frappé au visage lors d’une rixe violente et brève entre militants d’extrême gauche et skinheads d’extrême droite, en marge d’une rencontre fortuite dans une vente privée de vêtements de la marque Fred Perry.

En première instance, deux semaines de débats avaient permis de décortiquer les sept secondes pendant lesquelles les coups mortels ont été portés. Toutefois, de nombreuses zones d’ombre subsistent.

Le procès doit durer jusqu’au 4 juin

Bien que la cour les a reconnu coupables d’en avoir porté, les accusés contestent notamment avoir utilisé des poings américains. La question sera également de savoir qui a été à l’initiative de l’affrontement.

À l’époque, la mort du jeune homme avait choqué l’opinion, suscitant une vive émotion dans tout le pays. Le drame avait également fait resurgir le spectre des violences d’extrême droite. En réponse, le gouvernement avait dissout plusieurs groupuscules d’ultradroite, notamment Troisième voie, dirigé par Serge Ayoub et dont étaient proches les accusés.

Ce procès au tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes doit durer jusqu’au 4 juin prochain, un jour avant le huitième anniversaire de la disparition du jeune militant.

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Cette entrée a été publiée le 2 juin 2021 par dans ANTIFASCISME, ETAT POLICIER, EXTREME DROITE, FRANCE.