NPA Loiret

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Elles ont gagné : Victoire pour les femmes de chambre de l’Ibis Batignolles

Julien Salingue

Après plus de 22 mois de grève et de mobilisation, les femmes de chambre de l’Ibis Batignolles ont remporté une éclatante victoire face au géant Accor. Le protocole signé mardi 25 mai leur donne gain de cause sur l’ensemble de leurs revendications, à l’exception de la fin de la sous-traitance par leur intégration dans le groupe Accor : augmentation de 250 à 500 euros, baisse des cadences, décompte précis des heures de travail, annulation des mutations forcées, élection de représentantes syndicales…

La lutte des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles, accompagnées et soutenues par la CGT-HPE, faisait partie de nos vies depuis près de deux ans. Présentes lors des manifestations, invitées à nos meetings et à l’université d’été du NPA, ces travailleuses de l’ombre ont mis en lumière la situation particulièrement précaire d’un secteur surexploité, dans lequel l’exploitation se double du sexisme et du racisme à l’égard de travailleuses ultra majoritairement racisées. Leur victoire n’en est que plus belle.

À l’heure où des vents mauvais, racistes, sexistes et réactionnaires, soufflent de plus en plus fort dans le pays, et où la saignée se poursuit dans de nombreux secteurs du monde du travail, y compris et notamment chez les salariéEs de l’hôtellerie, touchés de plein fouet par les conséquences de la crise du covid et sa gestion par le patronat, la victoire des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles mérite d’être saluée, et nous rappelle qu’aucun combat, aussi difficile soit-il, n’est perdu d’avance.

La perspective de la réouverture des hôtels a fait pencher la balance en faveur des grévistes, Accor ne voulant pas les voir perturber la reprise de l’activité. C’est donc bel et bien la pression de la mobilisation et la détermination des femmes de chambre qui a fait reculer le géant de l’hôtellerie : tout un symbole ! Gageons que cette victoire inspirera et donnera confiance à d’autres salariéEs du secteur et, au-delà, au monde du travail dans son ensemble : face à un patronat à l’offensive et un gouvernement à son service, nous n’avons d’autre choix que de lutter, et les victoires sont possibles !

Victoire pour les femmes de chambre de l’Ibis Batignolles

Une victoire contre le groupe Accor… et contre les bureaucraties syndicales.

Ce vendredi 21 mai 2021, un protocole d’accord a été signé entre la société STN, et les représentantes des femmes de chambre en lutte depuis le 17 juillet 2019, et le syndicat CGT-HPE représenté par Tiziri Kandi et Claude Levy sur pouvoir de l’administrateur Me Bourboulous après 22 mois déjà dont 8 mois de grève totale et 14 mois et 5 jours de chômage partiel dû à la crise sanitaire.

Mr Peytavin pour la DRIEETS (ex-DIRECT Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités), l’hôtel Ibis se sont portés garants de l’application de cet accord.

Selon les termes de ce protocole les avancées sont les suivantes  :

– De 250 € à 500 € d’augmentation de salaires par mois par  :

-> la mise en place d’une prime de panier égale à 7,30 € par journée d’au moins 5 h comme dans les HCR, soit 150 € par mois  ;

->l’augmentation des qualifications de AS A à AQS1B, de CE1 à CE2 et de CE2 à CE3, soit environ 100 € par mois  ;

->l’augmentation de la mensualisation pour 13 grévistes d’une heure par jour (7 passent à temps complet) et pas de contrat de moins de 5 h par jour, soit 21 h 67 x 11,5 €, soit 250 € par mois  ;

– la baisse de la cadence indicative de 3,5 à 3 chambres de l’heure pour les petites chambres et à 2 chambres pour les grandes avec installation d’une pointeuse et remise de relevé de pointage hebdomadaire  ; 

– les gouvernantes ne contrôleront plus que 80 chambres par jour au lieu de plus de 100, le pointage et le dépointage en tenue civile, la fourniture de 2 tenues en coton par an et des chaussures de travail, et leur entretien assuré par STN  ;

– la réintégration de deux femmes de chambre en 2 CDD rompus illégalement pendant la grève avec la reprise de leur ancienneté depuis leur embauche  ;

– la mise en place de 2 déléguées de site avec 15 h de délégation par mois et tenue de réunions mensuelles  ;

– l’annulation des mutations des 10 salariées en restriction médicale  ;

– la suppression de l’abattement de 8 % sur l’assiette des cotisations sociales  ;

– le paiement des salaires le 5 du mois suivant au lieu du 11.

Pour un syndicalisme lutte des classes !

Que n’a-t-on pas entendu au cours de ce conflit de la part de structures CGT réformistes ! «  Vous ne gagnerez jamais contre le groupe Accor  »«  cette grève est trop longue  »«  Claude Levy et Tiziri Kandi, animateurs syndicaux manipulent les grévistes  », puis «  Rachel et Sylvie menacent les grévistes  », etc.

Ni Martinez, ni aucunE autre dirigeantE confédéralE n’a mis les pieds sur le piquet de grève malgré de multiples relances. Celui-ci préfère se déplacer pour l’inauguration de la réouverture du Prince de Galles, et qui renvoie le bébé à l’union départementale CGT de Paris. 

Pour rappel, le mandat de défenseur syndical a été par ailleurs retiré à Claude Levy avec celui de Tiziri Kandi par l’UD CGT de PARIS et l’Union régionale Ile-de-France (URIF) CGT, en plein conflit à l’hôtel Ibis Batignolles, sans audition des intéressés par la Commission exécutive de l’UD CGT de Paris, sans présentation aux élus de la CE des griefs et du dossier à charge (l’affaire est pendante devant le Tribunal administratif).

Des attitudes qui expliquent en partie les résultat de la représentativité nationale où la CGT perd encore 2% et se retrouve à 4 points de la CFDT  !

Grâce à la solidarité et à l’énorme mouvement de sympathie que les femmes de chambre et la CGT-HPE ont su créer autour de leur lutte, plus de 280  000 € ont été collectés qui ont permis de tenir ce plus long conflit de l’histoire dans l’hôtellerie.

La longueur de ce conflit du travail et la crise sanitaire ont fait comprendre au groupe Accor, Mr Bazin, PDG en tête qui l’a dit dans différents médias, qu’il ne pouvait plus traiter les salariées de la sous-traitance, qui occupent souvent les métiers les plus pénibles, comme des sous-salariés.

A défaut de les internaliser, le groupe Accor a assimilé qu’il ne pouvait plus prendre des contrats au rabais qui génèrent de très mauvaises conditions de travail et de rémunération. 

Un grand bravo aux guerrières de l’Ibis Batignolles qui n’ont pas cédé d’un pouce dans ce conflit et nous ont donné du courage durant ces plus de 22 mois.

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