NPA Loiret

Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

L’HISTOIRE D’UNE GIFLE

par  Patrice Perron

Peu de gens ont échappé à la diffusion massive par les médias et les réseaux sociaux des images de l’aventure sportive du président de la République en ce mois de juin 2021. Qu’a-t-il pris à Emmanuel Macron, de courir comme un dératé vers la foule, au point d’échapper à son propre service de sécurité ? On aurait dit Mbappé partant droit au but, poursuivi par la meute de ses adversaires, tous inéluctablement largués par le bolide.

Tout çà pour se prendre une baffe magistrale de la part d’un individu bizarre, un peu marginal, militant potentiellement dangereux, mais qui n’imaginait pas, dix secondes plus tôt, qu’il allait faire le buzz, à travers le monde entier, en posant délicatement sa main sur le visage du président de la République. Il est clair dans cette affaire que la préméditation ne peut pas être retenue contre l’auteur de cette gifle.

Une fois posé le cadre des faits, il importe de se demander comment nous pouvons en arriver là. Le contexte est à prendre en compte ; pas le seul contexte du moment, mais le contexte de l’évolution de l’image des présidents d’une part, et de la crédibilité des élus d’autre part. A vouloir être proches du peuple, physiquement ou par les propos, les récents présidents ont mis le paquet : Nicolas Sarkozy parlait de Karcher pour nettoyer les quartiers à problèmes, après avoir largement dépassé les plafonds de financement de sa campagne électorale, tout en affirmant ne rien savoir. François Hollande, en bon président normal, a fait la une, en allant voir sa compagne en scooter, mais en portant tout de même un casque pour respecter les mesures de sécurité routière. Nicolas Canteloup ne manque pas l’occasion de les railler.

Il faut noter que 3 jours après la gifle reçue par Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon s’est fait joliment fariner le portrait, un peu de la même manière que Bernard-Henri Lévy s’était fait entartrer la tronche par un manifestant. Cet exploit lui avait valu une jolie et pertinente chanson de Renaud. Tout cela ne relève pas du hasard.

L’arrogance, l’impertinence et l’irresponsabilité de BHL lors des événements de Libye, puis le film d’autosatisfaction si ce n’est d’autocélébration qu’il a produit, en ont fait un personnage peu sympathique pour une partie du public…/… Toute union étant impossible à Gauche, et la Droite étant en déconfiture, le candidat président n’a plus que Marine Le Pen en face de lui…/…

Quelque part, le président de la République a joué avec le feu.

Après son élection, il s’est rapidement positionné sur les grands points de sa politique et de ses convictions sociales. En commençant par supprimer l’ISF pour les plus riches et en supprimant une partie, même minime, des allocations logement des plus modestes, il a envoyé un signal fort et inoubliable. Même chose pour les représentants des corps intermédiaires, élus locaux et syndicats. Mépris pour les ruraux sacrifiés sur l’autel des grandes métropoles. Souvenez-vous : il a boycotté le congrès national des maires de France. Plus grave, il a choisi certains d’entre eux, les courtisans, pour venir festoyer à Versailles. Il voulait parler directement au peuple, de ses choix, de ses préférences, de ses convictions. Mais il a mal parlé au peuple. Souvenez-vous encore, des illettrés de chez Gad, des Gaulois réfractaires, des 66 millions de procureurs, du jeune se plaignant, sans doute maladroitement d’être au chômage, qu’il lui suffisait de traverser la rue pour trouver du boulot, et que sais-je encore…

Pendant ce temps-là, le peuple ramait :

Augmentation des taxes, notamment sur les produits pétroliers frappant de plein fouet, encore une fois, les ruraux et ceux qui n’ont pas les moyens d’habiter en ville, blocage des retraites, augmentation de la CSG, volonté de reculer l’âge de départ à la retraite. Uniquement des mesures de régression sociale au sacro-saint nom de la Dette, l’un des plus beaux alibis de la politique sociale des gouvernements successifs. Quand on voit où en est la dette depuis la crise sanitaire, on peut constater que les 12 milliards d’euros de déficit des caisses de retraite ne sont qu’une goutte de pipi de chat en comparaison. Une rigolade. La pression est montée d’un cran, d’un bon cran.

C’est sûr, Emmanuel Macron voulait parler directement au peuple. Il lui a parlé. Pas très bien. Résultat : il s’est pris en pleine face, le mouvement des gilets jaunes et la baffe d’un individu dont personne n’a rien à faire. Mais lui, ce donneur de baffe, il a pris 4 mois fermes avec mandat de dépôt immédiat, avant tout appel, jugement rendant cet appel inutile pour raison de délai, tandis que les Balkany pavoisent et commentent l’actualité en direct, avec humour et ironie, sur le trottoir, en bas de chez eux. Merci Manu.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 20 juin 2021 par dans ANTISOCIAL, CRISE POLITIQUE, CRISE SOCIALE, ETAT POLICIER, FRANCE.