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Hôpitaux : le tarif des gardes de médecins intérimaires explose : Augmentez les salaires et embauchez !

Le recours à l’intérim est de plus en plus fréquent à l’hôpital pour faire face aux pénuries de personnels. Une situation de crise qui profiterait aux médecins intérimaires, qui n’hésitent pas à négocier leurs tarifs.

Par Claire Domenech

Les médecins croulent sous les offres de missions ponctuelles. Alors que l’été approche et que les pénuries de personnels se font de plus en sentir dans les services hospitaliers, les établissements n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour tenter de récupérer des effectifs supplémentaires. Comme le rapporte Le Parisien, alors que les gardes de 24 heures sont officiellement plafonnées à 1.170, 04 euros par mois, certains médecins reçoivent des propositions bien plus attrayantes.

Ainsi, à Paimpol (Côtes-d’Armor), des médecins intérimaires se sont vu proposer 2.500 euros nets les 24 heures de garde aux urgences en juillet ou en août. 2.000 euros sont proposés du côté de Nancy (Meurthe-et-Moselle), 1.800 euros net à Langon (Gironde)… À cela s’ajoutent des avantages en nature tels des logements à disposition, des repas pris en charge…

Un phénomène qui ne surprend pas les directeurs d’établissements hospitaliers qui ont accepté de répondre au quotidien francilien. « Je ne vais pas leur jeter la pierre, ils n’ont tout simplement pas le choix. Certains médecins urgentistes sont dans la surenchère et négocient ardemment leur tarif : 2.200, 2.400, 2.800… jusqu’à 4.000 euros la garde ! Soit l’hôpital accepte, soit il doit fonctionner en mode dégradé, voire fermer ses urgences. Ils le savent et en jouent. Vous n’imaginez pas la pression », explique le directeur d’un hôpital du sud de la France.

Un problème d’équité

Un pouvoir de pression que dénoncent certains professionnels de la santé, comme Martin Hirsch, le patron des Hôpitaux de Paris, qui qualifiait il y a quelques jours les intérimaires de « mercenaires ». La surenchère du tarif des gardes créant des problèmes « d’équité » entre médecins. « En deux ou trois gardes, un intérimaire peut gagner la même chose qu’un professionnel en poste qui respecte la règle et trime dur », souligne le dirigeant d’un hôpital du sud de l’Hexagone, sous couvert d’anonymat.

Même constat du côté des infirmières. Certaines n’hésitent pas à choisir volontairement l’intérim. « Elles sont bien plus rémunérées que les autres alors qu’elles occupent le même poste, ont les mêmes compétences, le même nombre d’années d’études. Mais elles ne connaissent ni l’équipe ni le matériel. À part travailler et récupérer l’argent, elles ne s’impliquent pas dans la vie de l’hôpital », déplore Frédéric Adnet, chef des urgences à Bobigny (Seine-Saint-Denis), dans les colonnes du Parisien.

Pour d’autres, le problème ne vient pas du recours à l’intérim, mais il est la conséquence de la crise profonde que traverse l’hôpital. « Moi je dis surtout : ‘Marre de la non-revalorisation des soignants de l’hôpital.’ En se focalisant sur l’intérim, on détourne l’attention du véritable problème. Or, si les rémunérations étaient correctes, il n’y aurait pas tant d’intérimaires », estime Loïc Pen, urgentiste à Creil (Oise). Mais le phénomène ne cesse de s’accentuer ces dernières années. Près de 10.000 médecins seraient, à l’heure actuelle, adeptes de l’intérim.

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Cette entrée a été publiée le 24 juin 2022 par dans ETAT POLICIER, FRANCE, HÔPITAL, MEDECINE, SALAIRES ET REMUNERATIONS.
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