NPA Loiret

Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

Bafouer le droit de manifester et leslibertés syndicales : une constante gravissime du gouvernement

A la veille du procès de manifestants de Sainte-Soline, quatre responsables
d’organisations, dont Sophie Binet, alertent : ils estiment que le pouvoir
macroniste «méprise» le rôle des syndicats et criminalise ses opposants.

Tribune par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, Laurence Marandola, porte-parole de la Confédération paysanne, Benoit Teste, secrétaire général de la FSU et Simon Duteil et Muriel Guilbert, codélégué-es généraux de l’Union syndicale Solidaires

Alors que l’ensemble des responsables nationaux principaux de la CGT,
de Solidaires, de la FSU et de la Confédération paysanne seront réunis à
Niort le 8 septembre 2023 pour un procès ciblant des responsables
Le «convoi de l’eau» à Paris, en août 2023. (Maurizio Orlando/Hans Lucas via AFP)
Bafouer le droit de manifester et les libertés syndicales : une constante…

Paris, le 21 juin 2023. Place dde l’Hôtel de ville. Rassemblement en soutien au collectif « Les soulèvements de la terre », dissous le matin même en conseil des ministres par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer.

Niort le 8 septembre 2023 pour un procès ciblant des responsables
syndicaux, pour le motif d’organisation de manifestation interdite, il est
urgent de rappeler collectivement notre attachement aux libertés
syndicales, au droit d’expression et de manifestation en France. Ce
rassemblement contre la répression militante et pour la défense de l’eau
est un moment historique.
Le rôle des syndicats est constamment méprisé par ce gouvernement qui
vise à déconstruire tous nos acquis sociaux et à affaiblir la défense
collective des travailleuses et travailleurs de ce pays. Le passage en force
antidémocratique de la réforme des retraites en a été un énième exemple
paroxystique. La répression policière sur les cortèges de manifestant·es à
Sainte-Soline ou dans les quartiers populaires est aujourd’hui l’unique
réponse de ce gouvernement à la crise sociale et écologique actuelle.
Une dérive autoritaire
Quand la contestation se fait entendre avec force et détermination, elle
est réprimée par la voie policière et juridique au nom de «l’ordre
républicain». Quand les réponses à l’expression populaire se résument à
interdire par arrêtés préfectoraux les manifestations, les «casserolades»,
gouverner par 49.3, faire enlever des banderoles revendicatives des
balcons de particuliers ou des vitrines de librairies, dissoudre
administrativement le mouvement écologiste «les Soulèvements de la
Terre»… il faudrait donc se taire sagement alors que tous les moyens
d’expression pacifique et espaces de dialogue démocratique sont, un à un,
bafoués.
Le gouvernement est sourd et aveugle à des revendications légitimes et
populaires. Il préfère criminaliser ses opposants et les diaboliser en les
traitant d’«écoterroristes». Les déclarations de la Ligue des droits de
l’homme, d’Amnesty international ou des experts de l’ONU convergent
vers ce constat plus qu’alarmant : la dérive autoritaire du gouvernement
piétine nos libertés fondamentales.
Nos syndicats sont en première ligne de la répression car leur parole
légitime fait peur aux décideurs politiques qui manquent cruellement de
courage face à l’urgence sociale et climatique.
En cela, le procès des défenseurs de l’eau du 8 septembre à Niort est
emblématique et historique. Ce qui s’y joue, c’est la gestion démocratique
et transparente d’un commun, l’eau, face à l’accaparement de quelques-
uns. C’est un appel à une société qui met au cœur de son fonctionnement
le partage équitable des richesses. Dans le contexte du dérèglement
climatique, au lieu de les réprimer, le gouvernement doit écouter les
syndicalistes et lanceurs d’alerte, lucides face à la nécessité d’agir, qui
appellent à un changement de modèle social, économique et agricole.

Laisser un commentaire