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Le militant antibassines Julien Le Guet condamné à six mois de prison ferme après Sainte-Soline !

Le porte-parole du mouvement contre les mégabassines est condamné à six mois de prison ferme, peine aménagée en assignation à résidence avec bracelet électronique, dans le cadre des manifestations d’octobre 2022 à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) . En parallèle, dans la nuit de mercredi à jeudi, l’Amicale pour le débâchage permanent du Poitou a revendiqué le sabotage de deux bassines.

Lucie Delaporte Médiapart

« Sous« Sous le choc », le porte-parole du collectif Bassines non merci Julien Le Guet se dit aussi « abasourdi » après sa condamnation, jeudi 7 mai, à six mois de prison. Une peine aménagée en assignation à résidence avec port de bracelet électronique.

Il était jugé par la cour d’appel de Poitiers pour « participation à un groupement en vue de la préparation de violence », « menace de dégradation », « vol d’une pelle à grains » et « dégradation légère par inscription [un tag – ndlr] », dans le cadre des manifestations d’octobre 2022 à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) contre les mégabassines. « C’est un jugement qui agglomère différentes actions entre Sainte-Soline 1 et Sainte-Soline 2 », détaille son avocat Pierre Huriet.

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Il devra verser plus de 20 000 euros à la Coop de l’eau 79 pour les dégradations et le « préjudice moral ». Il écope aussi d’une interdiction de se rendre à Sainte-Soline et Mauzé-sur-le-Mignon pendant trois ans. « C’est la peine la plus lourde jamais prononcée à mon encontre », pointe le militant, qui fait effectivement l’objet de très nombreuses procédures judiciaires depuis trois ans. « On ne s’attendait pas à un tel jugement, qui est beaucoup plus lourd que les réquisitions de la procureure, qui avait demandé des sanctions financières », précise Julien Le Guet.

Pierre Huriet se dit aussi très surpris par la lourdeur de la peine et des sanctions financières : « 5 000 euros pour le préjudice moral à la Coop de l’eau 79 alors qu’on parle quand même de dégradations sur une bassine qui a été jugée illégale, c’est un peu étonnant », s’agace-t-il.

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Julien Le Guet lors d’une manifestation sur le site du projet de bassine de Saint-Sauvant, le 16 novembre 2024. © Photo Mathieu Herduin / La Nouvelle République / MaxPPP

Julien Le Guet, qui va comparaître au moins quatre fois au tribunal d’ici l’été – notamment pour « diffamation » envers une préfète –, se dit « victime d’un véritable harcèlement judiciaire »« La condamnation de Julien Le Guet, figure emblématique du mouvement et porte-parole, ne peut être interprétée autrement que comme une tentative de répression visant à affaiblir cette contestation et à le faire taire. Nous affirmons notre solidarité totale à Julien Le Guet et à toutes les personnes poursuivies pour défendre le vivant », a d’ailleurs réagi Bassines non merci dans un communiqué.

Deux bassines du Poitou débâchées

Hasard du calendrier ou non, deux bassines du Poitou, à Lusseray et Pamproux (Deux-Sèvres), ont été « débâchées » dans la nuit du mercredi 6 au jeudi 7 mai pour « dénoncer le financement public des bassines et leur développement sur le bassin-versant de la Boutonne », indique l’Amicale pour le débâchage permanent du Poitou, qui a revendiqué l’action de sabotage. « Nous nous unissons aux habitants, collectifs et paysannes qui luttent depuis des années contre les mégabassines. Si ces dernières continuent d’exister, c’est uniquement par de constantes pressions politiciennes, industrielles et policières », affirme ce nouveau collectif. Il dénonce aussi la loi d’urgence agricole qui arrive à l’Assemblée nationale le 19 mai et qui comporte un important volet pour favoriser la construction de bassines.

La bassine de Pamproux est la propriété de Pampr’œuf, que le collectif dénonce comme « un agro-industriel qui souhaite agrandir son élevage déjà immense de centaine de milliers de poules pondeuses ».

La veille, mardi 5 mai, le rapporteur public a requis devant le tribunal administratif de Poitiers la destruction de cinq bassines de Charente-Maritime jugées illégales, comme le rapporte La Nouvelle République. Ce pourrait être le dénouement d’une longue bataille autour de ces ouvrages.

La légalité de ces retenues d’eau pour l’irrigation, construites en 2008, a été contestée devant la justice par des associations de défense de l’environnement. Le tribunal administratif puis la cour d’appel ont jugé illégale leur construction. Entre-temps, neuf agriculteurs ont été condamnés à plus de 1 million d’euros au total pour avoir puisé dans ces bassines.

Alors que d’autres constructions de bassines sont prévues sur le bassin-versant de la rivière Boutonne, le collectif Bassines non merci du département avait annoncé que des actions auraient lieu prochainement. « Face aux tentatives d’accaparement de l’eau et à l’appauvrissement des écosystèmes, nous ne pouvons rester à contempler le carnage approcher, expliquait-il dans un communiqué en décembre. Aucune bassine ne verra plus le jour sur notre territoire. »

Lucie Delaporte

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Cette entrée a été publiée le 10 Mai 2026 par dans BASSINES, CONDAMNATION, FRANCE.

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