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Marine Le Pen justifie la torture: ce n’est pas un dérapage. Le FN a toujours été pour. Pour les Le Pen la torture c’est dans les gènes!

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Marine Le Pen justifie l’usage de la torture, avant de démentir. Interrogée par Jean-Jacques Bourdin sur le rapport américain détaillant les sévices infligés par la CIA à des suspects de terrorisme, la présidente du FN a expliqué qu’il était parfois « utile de faire parler » sous la torture. C’est un signe de plus que la ligne du FN n’a pas changé.

 
Ce mercredi matin10 décembre, le journaliste Jean-Jacques Bourdin interrogeait Marine Le Pen sur le rapport américain détaillant les tortures infligées par la CIA à des suspects de terrorisme. La présidente du Front national a répondu : « Moi, je ne condamne pas ». Elle ajoute : »Sur ces sujets-là, il est assez facile de venir sur un plateau de télévision pour dire: hou la la ! C’est mal ». Et de préciser sa pensée : « Il peut y avoir des cas, permettez-moi de vous dire, quand une bombe  – tictac tictac tictac – doit exploser dans une heure ou deux et accessoirement peut faire 200 ou 300 victimes civiles, où il est utile de faire parler la personne. »
Jean-Jacques Bourdin insiste : « Même sous la torture ? » Réponse de Marine Le Pen : « Avec les moyens qu’on peut ».

 

Peut-être le chorus médiatique qualifiera-t-il ces propos de « dérapage ». Ce serait une erreur d’analyse car le FN a toujours été pour l’utilisation de la torture: lorsque ce terme est employé au sens figuré, on dérape quand on s’écarte de sa ligne habituelle. Or, en la matière, en qualité de présidente du FN, Marine Le Pen ne dérape pas. Et ce, pour deux raisons :

1. par la voix du fondateur du parti, Jean-Marie Le Pen, le FN a toujours été pour l’utilisation de la torture

2. l’argument central employé est le même chez elle que chez son père.

Revenons sur cet argument : c’est celui, bien connu et systématique chez les défenseurs de la torture, du « scénario TTB » (de l’anglais ticking-time bomb, bombe à retardement). Dès lors qu’on la désapprouve, s’indigner de cette argumentation est au mieux inefficace, au pire contre-productif. La chose utile à faire, c’est de contre-argumenter.

Voici donc quatre contre-arguments très simples (sachant qu’il en existe beaucoup d’autres) :

1. Le torturé peut être innocent

Il existe une confusion très répandue entre les châtiments corporels et la torture comme instrument de contre-terrorisme. Marine Le Pen justifie le second cas, pas le premier. Cette précision est fondamentale, car elle en implique une autre : le torturé n’est pas nécessairement coupable. Si la torture est un instrument autorisé pour recueillir des informations, le torturé peut n’être qu’un suspect, c’est-à-dire potentiellement un innocent.

2. Le « scénario TTB » ne s’est jamais produit

Il est très fréquent dans les séries télévisées et les films qu’on sache combien de temps il reste avant un attentat. Dans la vraie vie, non. Or l’argument pro-torture de l’urgence implique de savoir combien de temps il reste. Le scénario de la bombe à retardement face à laquelle il faut faire parler d’urgence un terroriste est une fiction. Alors qu’il est systématiquement invoqué par les partisans de la torture, il ne s’est rigoureusement jamais produit dans la réalité connue à ce jour. Un partisan de la torture objectera que le cas s’est peut-être produit sans qu’on le sache : il suffira alors de souligner qu’il n’a aucune preuve de ce qu’il affirme.

3. L’argument de l’efficacité est moralement irrecevable

Cela se démontre assez facilement. Pour ne prendre qu’un exemple, rétablir l’esclavage pour les prisonniers donnerait à l’État une main d’œuvre gratuite et corvéable à merci. C’est cependant inenvisageable pour des raisons morales évidentes. En d’autres termes, l’interdit de la torture est d’ordre moral, et comme tout interdit moral, l’argument de l’efficacité ne peut pas lui être objecté.

4. La torture est un instrument inefficace de contre-terrorisme

Mieux vaut en la matière se fier à des « tortionnaires spécialistes du sujet », par exemple un militaire américain ayant été chargé des interrogatoires de suspects de terrorisme. C’est le cas de Matthew Alexander, qui conclut de son expérience en la matière que les pratiques américaines récentes de torture n’ont pas permis d’obtenir des informations utiles et ont facilité les recrutements d’Al-Qaida.

Bref, au même titre que le rétablissement de la peine de mort, auquel du reste le FN est favorable, la torture contre le terrorisme relève de ce faux bon sens de café du commerce appliquant un raisonnement enfantin à des problèmes complexes.

fn

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Cette entrée a été publiée le 13 décembre 2014 par dans Actualités des luttes, antiraciste/antifasciste, idées, international, national, partis.