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La ville de Suresnes rémunère ses agents « au mérite »…

Avant même le détricotage du code du travail par le pouvoir social démocrate, les patrons, qu’ils soient industriels ou politiques, cassent les acquis, divisent les salariéEs, augmentent la productivité….. Et il y a des organisations syndicales qui vont dans le même sens !!!!!!!!!!!!!!

Suresnes

La ville de Suresnes rémunère ses agents « au mérite »…

La ville des Hauts-de-Seine s’apprête à pénaliser financièrement les agents dont le travail sera jugé insuffisant… Détail de la méthode avec Béatrice de Lavalette, adjointe au maire, déléguée aux RH.

Aux portes de Paris, la ville de Suresnes est devenue un laboratoire social. Au point d’attirer l’attention de l’Organisation internationale du travail (OIT) venue pratiquer un audit de sa charte de reconnaissance du parcours syndical.

Jugées « exemplaires » par les experts genevois de l’OIT, les relations sociales en vigueur à Suresnes ont rendu possible la négociation cet été d’un accord historique dans la fonction publique. En réinventant les règles d’attribution du régime indemnitaire, cette commune des Hauts-de-Seine rémunérera désormais ses 1.300 agents selon leur implication et leur engagement au travail. «Jusqu’ici, le régime indemnitaire était lié à l’ancienneté, et non à la performance. Un cadre en fin de carrière qui ne donnait pas satisfaction bénéficiait d’un régime indemnitaire plus favorable qu’un quadragénaire très bien évalué», explique Béatrice de Lavalette, adjointe au maire, déléguée aux ressources humaines, qui se disait « révoltée » par cette injustice « décourageant les plus méritants ». L’élue avance un autre argument : l’éthique… « Je ne me voyais pas utiliser l’argent du contribuable pour cautionner un cadre déconnecté des réalités économiques, maintenant une image caricaturale de la fonction publique. »

Une échelle d’engagement

Dans les collectivités locales, le régime indemnitaire se définit comme un complément du traitement, distinct des autres éléments de rémunération (salaire, primes), qui constitue jusqu’à un tiers de la paie versée. La proposition de la déléguée aux RH vise à «variabiliser» un tiers de ce régime indemnitaire selon une échelle de l’engagement au travail comportant sept niveaux.

A partir du 1er avril 2016, les agents municipaux dont le travail sera jugé «à améliorer», «insuffisant» ou «très insuffisant» par leur hiérarchie verront leur régime indemnitaire diminuer de 15 à 35 % pour les catégories A qui occupent des fonctions de conception, de direction et d’encadrement, de 10 à 30 % pour les B (fonctions d’application et de rédaction) et de 10 à 25 % pour les C (fonctions d’exécution). A contrario, les plus investis verront leur régime augmenter dans les mêmes proportions, selon qu’ils sont «très bons», «excellents» ou «exceptionnels». Exemple : un agent de la catégorie A jugé «exceptionnel» verra ses émoluments grimper de 135 euros par mois (+35 %) ; noté «à améliorer», il perdra d’emblée 90 euros mensuels. Pour celui qui était jusqu’ici désengagé sans pénalités financières, le signal est fort : «En cumulant les mauvaises appréciations, l’agent verra ses revenus entamés année après année.»

La contestation sera toutefois possible, sous forme de recours adressé à la DRH… L’hypothèse de la perte sèche de revenu a été validée, y compris par la CGT! « Les représentants du personnel ont eux-mêmes jugé le précédent dispositif désuet, complexe, opaque et injuste », glisse Béatrice de Lavalette.

Nouveaux critères d’évaluation

Les partenaires sociaux ont également validé la nouvelle grille d’entretien professionnel qui permettra, lors de la campagne d’évaluation – qui vient de débuter – de noter les agents. Parmi les items retenus pour juger le travail des catégories B et C, des notions nouvelles dans la fonction territoriale : l’assiduité, l’adaptation au changement, la prise d’initiatives et le respect des délais. Pour les encadrants, aussi, les critères de l’évaluation ont été affinés : conduire le changement, maintenir une attitude contrôlée et positive en toutes circonstances mais aussi agir pour prévenir l’absentéisme.

Indirectement, la maire adjointe souhaite redonner des marges de manœuvre à chaque manager : «Réaliser ces évaluations demande de faire preuve de courage managérial et de concevoir des objectifs réalistes.» D’ailleurs pour éviter qu’un manager n’achète la paix sociale en attribuant de bonnes notes à l’ensemble de ses troupes, il sera lui-même noté sur sa capacité à sanctionner positivement ou négativement. « Le nouveau régime indemnitaire sera l’opportunité d’un dialogue managérial approfondi tout en améliorant le fonctionnement de tous les services », espère l’élue.

Les bonnes notes devront toutefois être attribuées avec parcimonie de manière à maîtriser le budget à périmètre constant. « Le risque de déficit est limité », conclut, dégagée, l’élue.

À noter
Sur un modèle similaire, Air France envisage de proposer des contrats de travail différenciés selon la productivité des salariés…

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