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Des députés veulent donner « plus d’autonomie » à la SNCF !

Afin de « maîtriser » la dette du groupe, qui atteint près de 50 milliards d’euros, deux députés proposent de «réformer la réforme» ferroviaire lancée il y a deux ans : réforme qui était insuffisante car elle faisait dés le départ l’impasse et sur le financement de cette réforme et sur les moyens de résorber la dette colossale de la SNCF.

Les pistes sont parfois explosives. Les députés (UDI) Bertrand Pancher et (PS) Gilles Savary, co-rapporteurs d’une mission parlementaire sur la réforme ferroviaire de 2014, ont fait plusieurs propositions chocs pour accélérer la modernisation (sic) de la SNCF. Dans leurs conclusions rendues hier, ils appellent ainsi à rendre le système ferroviaire moins dépendant du pouvoir politique et créer une «eurovignette» régionalisée pour compenser l’abandon de l’écotaxe qui devait financer les infrastructures de transport.

Certes, la mise en oeuvre de la réforme de 2014 est «globalement satisfaisante», indiquent les députés. Pour rappel, cette réforme, votée le 4 août 2014 et entrée en vigueur le 1er janvier 2015, a créé deux Epic (établissement public à caractère industriel et commercial): SNCF Réseau, chargé de la gestion de l’infrastructure ferroviaire, et SNCF Mobilités, opérateur ferroviaire, regroupés au sein d’un «Epic de tête» SNCF. Mais Bertrand Pancher et Gilles Savary jugent nécessaire de parachever cette réforme, à la fois pour mieux préparer la SNCF à la concurrence d’autres opérateurs ferroviaires ou modes de transport, mais aussi pour maîtriser la dette.

Une réflexion sur l’«eurovignette» .Ils évoquent par ailleurs la possibilité de créer une «eurovignette» régionalisée.

Leur première proposition: transformer la SNCF Mobilités en société anonyme à capitaux 100% publics. «Ça apporte une beaucoup plus grande autonomie de l’entreprise dans la définition de sa stratégie. Elle n’est pas liée à la conjoncture politique de l’instant», a détaillé Gilles Savary lors d’une conférence de presse. «Je vais prendre un exemple: le PDG d'(Alstom) Belfort dit «je ferme Belfort», paf, on (le gouvernement, ndlr) prend le téléphone, on dit «M. Pepy (président du groupe SNCF, ndlr) vous savez qui vous êtes, c’est moi qui vous ai nommé, donc vous allez me commander des rames TGV. Je n’en ai pas besoin, mais vous savez qui est votre patron», a-t-il continué.

Autre piste: «instaurer impérativement une programmation prévisionnelle des investissements ferroviaires», et «garantir un niveau soutenu de financements publics du réseau» pour ne pas plomber la dette du groupe ferroviaire. Pour Bertrand Pancher, «la politique d’investissement ne doit pas être soumise à l’aléa politique permanent». Au 30 juin 2016, la dette de SNCF Mobilité s’élevait à 8,2 milliards d’euros, celle de SNCF réseau à 40,8 milliards.

Les deux députés recommandent enfin de «sécuriser impérativement les ressources de l’agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) et ne pas s’interdire, après l’échec de l’écotaxe, de relancer une réflexion sur l’instauration d’une recette dédiée (régionalisée)», ou «eurovignette». Si l’Ecotaxe n’a pas marché on ne voit pas pourquoi une vignette fonctionnerait ? A moins qu’elle ne s’adresse qu’aux automobilistes et non aux gros pollueurs que sont les camions !

 

Des solutions qui n’en sont pas !

Ces deux savants députés, rapporteurs de la commission de suivi de la réforme ferroviaire votée en 2014 ont fait le constat que faisaient CGT et SUD lors du conflit de juin 2014 : La réforme structurelle de la SNCF si elle permet de « passer » les personnels d’entretien des voies dans l’Epic Réseau n’a à aucun moment permis de résorber un tant soit peu l’énorme déficit de la SNCF !

Les Cheminots en lutte dénonçaient déjà l’impossibilité pour la SNCF de résorber son déficit et bien au contraire la course éperdue aux mesures d’économies de personnels et de moyens n’allait qu’accentuer la dérive de la SNCF vers une seule « vérité » le tout TGV.

Ces doctes députés ignares proposent purement et simplement que la SNCF soit détachée de la tutelle de l’Etat. C’est un appel qui risque fort d’être entendu par les tenants du tout libéral….mais il ne restera plus rien de ce qu’était la SNCF !

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Cette entrée a été publiée le 22 octobre 2016 par dans anticapitalisme, services publics, transports.