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Kery James, Ärsenik ou encore Youssoupha rendent hommage à Adama Traoré à La Cigale

Un grand concert de rap en hommage à ce jeune homme décédé en juillet dernier lors de son interpellation par des gendarmes était organisé à la Cigale. L’occasion, pour la famille, de montrer qu’elle reste mobilisée afin d’en apprendre plus sur les circonstances de sa mort.

Ils avaient prévenu qu’ils ne “lâcheraient pas”. Près de six mois après le décès de leur frère Adama Traoré, 24 ans, mort dans des circonstances troubles – et toujours pas élucidées – lors de son interpellation par trois gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise), la famille continue de mobiliser autour d’elle pour réclamer la “vérité”. Cette fois-ci, ce n’est pas une marche qui est organisée par le collectif “Justice pour Adama”, mais un concert. La Cigale de Paris fait salle comble – les quelque 1 400 places se sont écoulées “en quinze jours” d’après Lassana, frère d’Adama – pour accueillir plusieurs membres de la scène rap et hip hop française. A l’affiche, Médine, Ärsenik, Dosseh, Mac Tyer, Sofiane, Tito Prince et Douums, Kery James et Youssoupha. Artistes qui ont, dès le début de l’affaire, apporté leur soutien à la famille. L’événement, dont les bénéfices seront reversés à l’association créée en l’honneur du jeune homme, est de leur initiative.

“On en a marre du mensonge. Justice !”, hurle en début de soirée Tito Prince, enjoignant le public à “sauter tellement fort que les médias ne vont pas y croire”. Tout le monde s’exécute, la fosse bougeant telle une immense vague humaine. Il y a beaucoup d’enthousiasme ce soir, à la fois pour le line-up, qui allie vétérans de la scène rap et groupes plus récents, mais aussi pour “la cause”. Paul, Parisien de 27 ans, retrouve ici ce qu’il aime dans ce style musical : “Dans tous les concerts de rap, il y a cet esprit-là, d’engagement. Moi j’écoute du rap qui sert à cela.” De nombreux proches et amis du quartier de Boyenval, ou des environs, ont aussi fait le déplacement. C’est le cas de J-white et Yomgui, qui interpréteront en fin de soirée un titre en sa mémoire. Yomgui : “On les soutiendra jusqu’à la mort.”

“La France est à prendre” 

Certains ont aussi préparé des vidéos hommages diffusées pendant le concert, émaillé d’extraits de journaux télévisés ou radio qui, au début de l’affaire, reprenaient la thèse “du malaise” ou de “l’infection grave”. L’occasion pour le public de crier que “tout le monde déteste la police” et de lever les poings en l’air.

La famille, aussi, prend la parole entre les différentes prestations. L’allocution d’Assa Traoré, grande sœur du défunt, est acclamée : “On aurait pu s’écrouler, mais on est restés debout (…) On est des citoyens à part entière, des Français qui ont certes des devoirs, mais aussi des droits. Levez-vous, apprenez, car je vous le dit : la France est à prendre.” Le public semble d’accord. Des mots à l’attention de Bagui, frère d’Adama condamné à huit mois d’emprisonnement suite à des débordements en marge d’un conseil municipal à Beaumont-sur-Oise – et dont le procès en appel aura lieu le 27 mars – sont également prononcés.

Foutre le bordel 

Les artistes se succèdent. Médine parle d’une “marche blanche pour la peau noire d’Adama Traoré”, Lino d’Ärsenik évoque sa ville de Villiers-le-Bel (Val d’Oise), où deux jeunes étaient eux-aussi décédés, en 2007, suite à la collision de leur mini-moto avec une voiture de police. “Il faut que ça s’arrête”, crie-t-il. Sur une note plus joyeuse, Sofiane fait monter un gamin sur scène pour danser. Car, ici, l’ambiance est surtout à la fête. Youssoupha ne dit pas le contraire : “On est là pour la profondeur, mais aussi pour foutre le bordel !” Sous son perfecto de cuir, il arbore un tee-shirt “Justice pour Adama”, et en profite pour dénoncer la censure du clip de Black M, qui portait lui aussi ce vêtement dans la vidéo. Le même Black M, pourtant pas prévu à l’affiche mais toujours affublé de – l’inoffensif – objet du délit, le rejoint d’ailleurs sur scène le temps d’un morceau.

Mais c’est l’arrivée de Kery James qui suscite peut-être le plus de ferveur. Racailles – l’occasion d’une petite référence bien sentie au #PénélopeGateBanlieusards ou encore Musique nègre, chanson évoquant le décès d’Adama (“A trop respirer le rejet/J’ai le poumon perforé/J’pourrais, j’pourrais, mourir d’infection comme un Traoré”) interprétée avec Lino et Youssoupha : le public est heureux d’être là. Peut-être reviendra-t-il pour un autre concert : d’après Lassana Traoré, d’autres artistes se seraient manifesté pour organiser un nouveau live hommage.

Amélie Quintel « Les Inrocs »

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