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La Poste : FO signe l’accord sur les conditions de travail des facteurs !

Accord sur les conditions de travail à la Poste

La Poste doit faire face depuis quelques années à une augmentation de suicides, burn-out, accident du travail dont des AVC, « inquiétude » des experts des comités d’hygiène et de sécurité de La Poste. C’est arrivé à un tel point que le groupe essaye de calmer et camoufler tout ça à travers un accord sur les conditions de travail.

Sadek Basnacki

Ca y est, La poste peut se féliciter, son texte a franchi la barre des 30 % permettant la validité de l’accord sur les conditions de travail. FO vient de signer, avec ses 18,9 % auxquels il faut rajouter les 21,05% de la CFDT, les 3,45 %de la CFTC et les 2,60 % de la CFE-CGC, permettant ainsi d’apporter des réponses, selon ces syndicats, en matière d’organisation de travail, de créations d’emploi et de promotion. La direction a promis l’embauche de 3 000 CDI, à temps complet en 2017, soit le double de ce qui avait été annoncé.

Selon FO, le texte final prévoit aussi la limitation à 30 jours par agent et par an du principe de sécabilité (attribution à un facteur d’un secteur supplémentaire en plus de sa tournée en cas de besoin), ainsi que de 35 000 à 36 000 promotions avec des augmentations de salaires de 60 à 120 euros par facteur et par mois, et l’ouverture de discussions en mars afin de revoir les normes et les cadences. Le groupe se félicite d’un « accord historique » qui « apporte des mesures concrètes pour l’amélioration des conditions de travail ».
Dans cette grande entreprise « humaine où il y a beaucoup de bonheur mais aussi des détresses », nous explique Philippe Dorge, directeur général adjoint de la Poste en charge des courriers et des colis, tous les syndicats ne voient pas cet accord de la même manière.

En Effet, SUD (21,58%) et Unsa (2,61%), ont dit qu’ils ne signeraient pas le texte. SUD a également demandé à la CGT, premier syndicat de la branche (28,44%), de ne pas signer l’accord. Pour l’instant la CGT n’a pas pris position. Les fédérations SUD et CGT pèsent plus de 50% dans la branche Courrier-Colis. Ensemble, SUD, CGT pourraient empêcher l’accord. Mercredi, les facteurs de Loire-Atlantique de la CGT des cadres (Ugict-CGT) ont annoncé sur Twitter qu’ils étaient opposés à l’accord.

Pour SUD, l’accord « ne répond en rien à la situation sanitaire et sociale vécue par les postiers dans l’ensemble de l’entreprise ». Il faut en effet mettre en avant que La Poste a réorganisé ses services et supprime de 3 000 à 5 000 postes par an, rien que pour les facteurs, depuis 2005. C’est bel et bien cela qui a gravement dégradé les conditions de travail et non pas une dépression collective qui serait dans l’air du temps.

Si l’on se penche plus précisément sur ce que La Poste nous annonce, on constate bien que « l’accord historique » ne va pas dans le sens d’améliorer les conditions de travail mais tout au contraire entériné la politique actuelle du groupe.

La Poste veut mettre fin à l’anticipation de la baisse des volumes dans les réorganisations (mesure permettant de réorganiser les tournées et bureaux de postes en fonction d’une prévision de baisse de courrier, prévision remise en cause par nombre d’organismes d’étude). C’est ainsi que sous couvert d’une mesure qui pourrait être un progrès, La Poste veut mettre en place une réorganisation permanente en faisant sauter les 2 ans prescrit entre chaque réorganisation après étude de la baisse ou non du volume de courrier.

La Poste veut donner une prime de 200 euros brut pour la mise en place de la pause méridienne/tournée du soir. Valider cet accord, c’est valider la pause méridienne tant contestée et combattu par les facteurs et factrices qui réaffirment le principe d’une tournée matinale, une et indivisible !

La Poste réaffirme la sécabilité avec un maximum de 30 jours par an et par agent (hors jours faibles prévues dans l’organisation) et pas plus de 48H consécutives. C’est là qu’est le problème ! Jusqu’à présent, la sécabilité n’était pas réglementée maintenant elle le sera et pourra être imposée partout.

La Poste veut créer une filière de remplacement avec une prime de 7 euros brut par jour ou 10 euros selon l’échelon du facteur. Mais ce remplaçant n’aura plus de vie ! La direction est prête à lui payer une chambre d’hôtel si ses tournées l’emmènent trop loin de son domicile en soirée. A travers ces nouvelles fonctions, La Poste flexibilise ses moyens de remplacement (sans augmenter leur nombre) en contraignant les facteurs à intervenir dans plusieurs sites de l’établissement ou dans tous les établissements courrier du département.

En augmentant notamment les contraintes, la charge mentale, les risques routiers, l’accidentologie, La Poste a une conception bien à elle de la prévention des risques professionnels !

Le groupe n’est pas à un enfumage de plus ! Il remet sur le couvert l’ouverture d’un chantier sur les normes et les cadences ! Un chantier qui est promis depuis 10 ans avec en 2007 l’accord Facteur d’Avenir, en 2013 avec l’accord QVT et en 2017 rebelote. Ce plan a pour objectif d’être mis en place en 2020. Quand on sait que la direction le promet depuis 10ans et que ce n’est jamais arrivé, on peut s’estimer heureux que ce ne soit pas elle qui face les tournées vu les délais de réception ! Petit plus pour cette nouvelle édition, c’est que La Poste ne fera ce chantier qu’avec les signataires de l’accord soit 30 % de représentativité.

Les promotions mises en avant ne sont que pour 2021, autant dire qu’avec les départs à la retraite, elles ne concernent pas énormément de postiers, d’autant plus que ces promotions se feront majoritairement (pour ne pas dire exclusivement) sur les nouvelles fonctions de facteur polyvalent.

Comble d’hypocrisie La Poste octroie une prime exceptionnelle de 300 euros en mars 2017 pour récompenser les efforts des encadrants mais refuse de récompenser les facteurs qui subissent de plein fouet les réorganisations incessantes. FO pour justifier sa signature met en avant la promesse de 3 000 embauches en CDI sur des postes de facteurs en 2017 mais ce n’est que poudre aux yeux pour masquer la réalité ! La poste aujourd’hui c’est des milliers d’emplois supprimés chaque année, des dizaines de milliers de précaires. Ces 3000 embauches sont largement insuffisantes pour compenser les 7 656 suppressions d’emplois en 2015. Ces nouveaux emplois ne vont pas améliorer les qualités de travail ni soulager les facteurs puisque ça ne va pas créer de tournées supplémentaires ni améliorer les capacités de remplacement.

La seule solution pour arrêter la souffrance au travail à La Poste c’est l’arrêt de la casse du service public, l’arrêt des réorganisations, l’embauche massive de CDI permettant de se partager le travail de manière à assurer un service de proximité et de qualité, une augmentation des salaires.

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