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Grand froid : Yves Bodard propose des “mobil-hommes” pour faire face en urgence

mardi, 6 février 2018 Orléans MAGCENTRE

Les grands froids nous tombent dessus. Qui s’en étonnera, on est en hiver ? Il tombe surtout sur ceux qui n’ont pas de domicile.  Alors, comme Yves Bodard, ceux qui tout au long de l’année se mobilisent, se décarcassent, proposent, pour que l’hiver venu la société ne soit pas prise au dépourvu, en ont gros sur la patate.  Car à chaque fois, l’Etat, les collectivités doivent gérer l’urgence. Pas assez de lits, de toits, d’abris… Alors que tout est là et vide !!!!!

 

Yves Bodard, éternel “Don Quichotte” d’Orléans« ni encarté, ni appareillé, si syndiqué » et surtout pas candidat à des honneurs ou à une fonction élective, « électron libre », fait des propositions. Concrètes, applicables immédiatement.  Un exemple ? Un dispositif  qu’il baptise « mobil-Homme »pour l’hébergement d’urgence. «  Il serait tout à fait possible de réquisitionner et d’ouvrir pour la période hivernale les campings qui disposent de structures où il serait possibles d’installer des « mobil-Homme ». Le tout encadré par une présence éducative et un accompagnement social. Deux campings sous-utilisés, sinon pour stationner des campings cars, pourraient faire l’affaire, ceux de Saint-Jean-de-la-Ruelle et de La Chapelle St-Mesmin. « Dans un deuxième temps il faudrait pérenniser ce genre de dispositif sur du long terme afin de donner un coup d’arrêt à l’errance et l’isolement… », poursuit l’éducateur et militant qui a “déclaré la guerre à la pauvreté”.

50 personnes devant le musée

Depuis janvier 2014, Yves Bodard et l’équipe des Maraudeurs du jeudi, une fois par mois sillonnent l’agglomération d’Orléans, à pied, et ils sont attendus comme des lueurs d’espoir par ceux qui n’ont rien ou si  peu. « 40 à 50 personnes nous attendent devant le musée »raconte Yves Bodard.  Fruit de collectes ils leur apportent des vêtements, produits d’hygiène, chaussures, duvets, livres etc……mais aussi des radios, des dynamos, pour rompre l’isolement des plus démunis.
Les Maraudeurs entreposent les dons et collectes dans un garage dont ils financent la location sur leurs deniers personnels. Mais le groupe de bénévoles assure surtout un soutien et une présence aux personnes, hommes, femmes et enfants sans logement de l’agglomération.

En compléments des associations

En 2015, ils avaient lancé un appel pour trouver un garage, un lieu de stockage. « Nous agissons en compléments des associations, nous orientons les gens vers les dispositifs, comme le CCAS, les assistantes sociales, le 115 ». Celui-ci est saturé. Récemment retrace Yves Bodard, “nous sommes tombés sur une famille d’Albanais, avec des gosses de 7 à 15 ans, sans domicile ». Dans un premier temps les maraudeurs ont fourni les duvets. Après…

Réquisitionner les maisons de retraite fermées

Autre proposition lancée par Yves Bodard qui multiplie les lettres au ministère de l’Intérieur, à la régionale Jacqueline Gouralt mais aussi au président d’Orléans Métropole Olivier Carré, à la vice-présidente du département en charge du social, Alexandrine Leclerc: pourquoi ne pas réquisitionner l’ancienne Maison de retraite de la Chapelle Saint-Mesmin. Même son de cloches du côté d’un autre missionnaire laïc de la solidarité qui se bat lui aussi au quotidien, Michel Ricoud, à propos de la maison de retraite des Ombrages à la Source qui vient juste de fermer:  “pourquoi ne pas réfléchir à une éventuelle sous location du bâtiment gérée par une ou des associations d’aide aux sans abri ? Aux familles qui couchent dehors? Même si c’est pour une durée limitée à quelques mois, cela permettrait de soulager les plus défavorisés sans logement ou hébergement ?

Des repas fournis par les mairies

Avec ses amis les maraudeurs, Yves Bodard, travailleur social dans le « civil » a d’autres idées plein sa besace.  Encore faudrait-il aussi dit-il, que la mairie d’Orléans « supprime les arrêtés anti-mendicité et anti-bivouac qui sont appliqués depuis 2002 et qui sont porteurs de  symboles de rejet ». Et il propose encore à la Métropole que « chaque municipalité au prorata de son nombre d’habitants s’engage à assurer au niveau de sa restauration scolaire ou municipale la confection, l’accueil ou le portage de repas adaptés au grands précaires…Il n’est pas normal que seule Orléans et les communes attenantes qui en assurent la charge ».

Une remise en selle par des petits boulots

Quant à la remise en selle sociale de ces précaires en perdition, pourquoi ne pas imiter ce qui se fait à Bordeaux à travers un dispositif baptisé TAPAJ (Travail alternatif payé à la journée) et importé du Québec. On ignore si c’est Alain Juppé qui l’a rapporté de sa traversé du désert canadien. Peu importe. Les jeunes, un public de 18 à 25 ans en perdition,  «en grande précarité et en rupture avec les institutions, le monde du travail », sont rémunérés à la journée,.  Par le biais de chèques au porteur (dix euros de l’heure) pour des petits travaux d’entretien et de nettoyage des abords du tram, dans les grandes surfaces, pour le nettoyage et l’entretien des massifs, le stockage des chariots… « A Bordeaux, le financement est assuré par la fondation Auchan (10 500€) la mairie (15 000) pour prendre en charge les premiers salaires de 40 jeunes”. D’autres financements sont possibles, propose Yves Bordard (département, région…). « Pourquoi pas un service auprès des personnes âgées ou handicapées du secteur de l’habitat social pour les accompagner dans leurs achats ».

Les Maraudeurs du Jeudi, en plus des six du noyau dur (Samia Naidja, Maxime Binel, Florence Blanchard, Ruslan Samboval, Catherine Petitjean), ont entraîné avec eux une centaine de personnes depuis le début dans la collecte de vêtements, de produits d’hygiène. En période « normale », les maraudes n’ont lieu qu’une fois par mois. Sauf arrivée des grands froids. Nous y sommes. La neige fait un  joli décor de carte postale. Mais pour tous ces laissés pour compte, il est des flocons qui tombent toujours mal.

Ch.B

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Près de 6 500 appels au secours vers le « 115 » en un mois !

La CNL du Loiret a pu obtenir les informations sur les appels au 115: Du 1er novembre 2017 au 31 décembre 2017, le “115” a été sollicité 6 496 fois. “S’imagine-t-on ce que cela représente en terme de détresse et de souffrance ?”, demande Michel Ricoud. Sur ces 6496 sollicitations, 68% ont été suivies par un hébergement pour la nuit, des femmes avec enfants en priorité. Ce qui signifie que 32% des demandeurs, mis à part quelques personnes qui trouvent des solutions amicales ou familiales, se retrouvent à la rue.

“Grave et choquant”

Michel Ricoud, conseiller municipal (PC) commente ainsi ces chiffres: “c’est grave, choquant et inhumain. Surtout qu’il existe des solutions en terme de réquisitions et de constructions en plus grande nombre de logement sociaux, notamment très sociaux. Et puis, ce sont qui ont “la chance” d’être hébergés pour la nuit, il faut savoir qu’à 8h du matin, c’est dehors avec les gosses. Et toute la journée, c’est le tram, les grands magasins, etc….On est loin des belles paroles de MACRON sur “je ne veux plus personnes à la rue”. Il faut donc se mobiliser, associations, élus, etc….enfin tous ceux et toutes celles qui ont ”l’humain au coeur”, pour que le droit au logement et à l’hébergement soit véritablement effectif”

 

 

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Cette entrée a été publiée le 7 février 2018 par dans anticapitalisme, chômage/pauvreté/précarité, CLIMAT, HEBERGEMENT, logement, SDF, SOCIETE.