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Six gilets jaunes condamnés à de la prison ferme pour avoir fabriqué des cocktails molotov !

Justice de classe ?

Ils étaient jugés, ce lundi 13 mai devant le tribunal correctionnel d’Orléans, après avoir été interpellés, vendredi dernier, à la veille de l’acte 26. Ils avaient été trouvés en possession notamment de cocktails molotov et de balles de ping-pong remplies de poudre noire.

Ils se connaissent tous plus ou moins, pour s’être croisés lors des manifestations des gilets jaunes. Des deux femmes et des quatre hommes qui sont jugés, ce lundi, en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel d’Orléans, un seul revendique la qualité de black bloc.

C’est un jeune Alsacien de 23 ans qui exerce la profession de peintre carrossier. Et qui s’est rendu, vendredi soir, à Orléans, pour participer le lendemain à l’acte 26. Et commettre des violences ? L’intéressé s’en défend.

C’est pourtant bien parce qu’on leur prête une démarche insurrectionnelle que ces six prévenus – dont cinq comparaissent détenus – sont renvoyés en justice.

Il était 23 heures, vendredi 10 mai, lorsqu’une patrouille de la Brigade anticriminalité a repéré le manège de deux couples qu’il a pris en filature dans les rues d’Orléans.

Quatorze engins explosifs

Il est apparu que plusieurs cocktails molotov ont été déposés dans des bacs à fleurs de la place du Martroi.

Arthur, Châlettois de 33 ans, et gilet jaune de la première heure, est agent de maintenance au chômage depuis un an. Il ne fait pas mystère de sa présence, le 10 mai au soir à Orléans. Ni des raisons qui l’ont conduit à fabriquer trois engins explosifs. « C’est pour me défendre contre les attaques de la police. Depuis le 17 novembre, je participe à toutes les manifestations et j’ai vu des choses horribles », rapporte-t-il.

Éric, 47 ans, a lui aussi fait le déplacement depuis Châlette avec quatorze cocktails molotov dans sa voiture. Des bouteilles remplies d’un mélange d’essence, d’huile et de savon de Marseille que ce charpentier-couvreur au chômage, qualifié de « meneur » par le parquet, a dissimulées dans des massifs végétaux de la place du Martroi.

Pourquoi ce choix alors même que la manifestation n’était autorisée qu’au sud de la Loire ? « C’était au cas où il y aurait eu des débordements », répond Éric.

« À qui étaient destinés ces cocktails molotov ? », interroge la présidente. « À personne en particulier. On ne les aurait sûrement pas utilisés« , ajoute le prévenu, avant d’ajouter : « C’était pour nous protéger des gaz lacrymogènes et de la répression policière ». Alexandra, est plus directe : « C’était pour viser des bâtiments administratifs », déclare cette vendeuse de 29 ans.

Des planchettes de bois équipées de clous

Des balles de ping-pong, remplies de poudre noire, et destinées à « constituer des pétards artisanaux » ont également été retrouvées lors des perquisitions opérées par les policiers, notamment dans les véhicules des prévenus.

Quant à Jérôme, un habitant de Chevilly de 40 ans au chômage, il a été trouvé en possession de quatorze planchettes de bois, équipées de clous et destinées, selon le procureur de la République, à faire office de herses contre les véhicules de police.

Le représentant du ministère public en est convaincu. Grâce à l’interpellation de ces six personnes, « nous avons réussi à éviter le pire ». « Il faut que ça s’arrête. Des honnêtes hommes, confrontés à des difficultés sociales sont en train d’entrer dans un activisme violent », prévient Nicolas Bessone. « Je ne veux pas que tous les samedis, Orléans devienne les Champs-Élysées. C’est le message que vous devez faire passer », recommande le procureur de la République au tribunal.

Nicolas Bessone veut bien reconnaître que les prévenus n’ont pas le profil de grands délinquants. « Ce sont des gens qui ont des petits casiers et des difficultés sociales et qui sont en train de déraper. C’est là où la justice est difficile et douloureuse », observe le représentant du parquet, avant de requérir des peines entre un an avec sursis et deux ans ferme.

Les sanctions prononcées par le tribunal s’échelonnent entre six mois avec sursis et dix-huit mois ferme. Les cinq gilets jaunes qui comparaissaient détenus restent en prison.

À l’annonce du jugement, une femme est prise d’un malaise, tandis que le jugement est accueilli sous les quolibets de nombreux gilets jaunes venus assister aux débats. « C’est honteux ! », dit l’un. « Justice de classe ! », s’insurge un autre.

À l’adresse des policiers qui le dirige vers la sortie, un homme lâche : « Vous n’êtes pas riches ! Vous allez subir un jour cette justice. Pour vous, ce sera pareil ! »

Un document controversé

C’est un document de trois pages, émanant des Renseignements territoriaux, dont le procureur de la République fait état à l’audience. L’un des prévenus y est qualifié « d’artificier », quand un autre est surnommé « le gitan ».
La défense, unanime, s’érige contre la communication à l’audience de cette note faisant l’objet d’une « diffusion restreinte » et établie sur la foi de renseignements recueillis par la police, en dehors de tout cadre judiciaire. « C’est une note purement factuelle que, vous avez, Madame la Présidente, le loisir d’écarter », répond le procureur, Nicolas Bessone.
Mais, loin d’être apaisé, Me Romuald Huet s’emporte : « Je suis atterré parce que nous sommes dans une procédure judiciaire. Comment en arrive-t-on à surnommer mon client « le gitan » ? Où est le procès-verbal dont relèvent les éléments d’appréciation de la personnalité ? Ce n’est pas de la discrimination ? C’est interdit par la loi ! », soutient l’avocat.
À son tour, son confrère Grégoire Mallein s’étonne de constater que son client est considéré, par la même note, « d’activiste violent ». Et le conseil de réclamer un ajournement du procès. Une requête à laquelle le tribunal se refuse d’accéder, tout en s’abstenant également d’écarter la note incriminée.

La République du Centre

 

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