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Municipales : une abstention historique sur fond de coronavirus, EELV fait une percée, LERM plonge !

Le maintien des municipales, un signe de « fermeté politique » et de « raison » semblait-il encore il y a quelques jours. Et ce record historique d’abstention accentuée plus qu’évidente en raison de la crise sanitaire ajoute un autre gout à la défaite, certes prévisible de LREM. En effet, une telle abstention ne peut qu’avoir un impact sur les rapports de forces politiques, ajoutant à la crise sanitaire, un nouvel affaiblissement du macronisme. Une défaite sur fond d’abstention record qui sonne donc comme une sanction pour Macron. Seul EELV semble avoir tiré son épingle du jeu.

 

Une abstention record : quelles répercussions politiques ?

Si au moins, une chose est certaine, tant l’avenir même de ce scrutin est posé, ce sont les chiffres de l’abstention. Pour ces élections municipales, ce serait entre 55 et 56% des électeurs qui se sont abstenus contre 36% en 2014, ce qui marque un record historique d’abstention pour des municipales sous la Vème République. Pour Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop : « C’est de l’inouï, de l’inédit. Ce chiffre inscrit ce scrutin dans une rupture totale avec toutes les élections municipales précédentes. Une telle abstention ne peut pas ne pas avoir d’effet sur le rapport de force politique ».

Mais qui plus est, cette abstention record a un goût particulier. En effet, elle s’inscrit dans le contexte d’une crise sanitaire majeure qui est venu percuter ces élections municipales. Elle sonne comme le manque de confiance des électeurs envers les soi-disant votes « sans danger » dictés par Castaner dans un contexte de crise sanitaire grave. En plus d’être une sanction politique contre LREM, c’est un désaveu de la décision politique de LREM à maintenir le scrutin.

Une tenue du scrutin qui s’est faite sur fond de bisbille politique où LR comme LREM ont cherché tour à tour à faire de leur annulation ou de leur maintien une bataille politique entre les deux forces. Avec le saut de la propagation du virus, LR comme LREM a cherché à pointer la responsabilité des autres. Tout un jeu politique étayé au grand jour, un maintien in extrémis par LREM qui pourrait se payer au centuple si elle venait à aggraver dans les prochains jours la crise sanitaire.

Pour LREM, la défaite attendue devient d’autant plus cuisante : Edouard Philippe en ballotage

Si d’un côté, LREM enregistre quelques victoires au premier tour pour certains de ses ministres candidats, ce n’est pas le cas du premier ministre Edouard Philippe au Havre où il arrive en tête, mais avec un score (43%) qui le met à portée de son adversaire communiste pour le second tour. Une claque qui semble-t-il a joué dans son discours de sortie de premier tour où il n’a pas daigné commenter des résultats quelques peu décevants, préférant se localiser comme premier ministre garant d’élections qui se sont bien déroulés. En somme, potentiellement, un nouveau front de crise s’il venait à être battu au second tour.

C’est également une débâcle de taille pour la ministre Agnès Buzyn qui enregistre un score de 18,3% et essuie le revers du scandale Griveaux qui avait précipité la chute de LREM dans la capitale. Un bon score à Paris aurait pu ouvrir des opportunités en vue d’alliances au second tour pour espérer un score honorable mais c’est Anne Hidalgo qui arrive largement en tête devant Rachida Dati. A Lyon, c’est un échec brutal avec le candidat LREM qui fait un score deux fois moindre que celui de Collomb en 2014. Comme lots de consolation pour LREM, Franck Riester, Gérald Darmanin, et Sebastien Lecornu ont élus dès le premier tour.

Le RN loupe le coche de l’ancrage territorial

Si le Rassemblement national (RN) a pu conserver ses bastions conquis en 2014, la plupart du temps vainqueur au premier tour, comme à Hénin-Beaumont, Hayange, Béziers ou Fréjus, il est loin de réussir le pari de s’ancrer territorialement en gagnant de nouvelles mairies. Hormis, Louis Aliot, à Perpignan où il ressort en tête avec 35,2 %, dans la majorité des communes, il voit d’ores et déjà ses chances de gagner de nouvelles villes se réduire à néant. C’est le cas notamment à Calais où il pensait sortir en bonne position ou encore à Denain, où le PS a été élu au premier tour.

Si le RN obtient des bons scores au premier tour, il ne parvient donc pas à transformer l’essai des présidentielles, ni même des dernières européennes. Son influence à échelle nationale n’arrive pas à se convertir sur le terrain local. Le parti d’extrême-droite chercher cependant à capitaliser ses très bons scores dans ses mairies sortantes pour affirmer que « la gestion RN, ça marche » comme s’est félicité sur France 2 l’eurodéputé Thierry Mariani. De son côté, Marine Le Pen, a plaidé pour que le premier tour soit considéré « acquis » tout en appelant à reporter le second tour.

EELV, en tête à Strasbourg, Lyon et Bordeaux, les verts tirent leur épingle du jeu

En parallèle, Les Verts sortent plutôt renforcés de ce scrutin. Si ce n’est pas non plus une vague verte qui submerge l’hexagone, EELV arrive en tête dans plusieurs grandes villes à l’issue du premier tour des municipales, comme à Lyon où Grégory Doucet fait un score surpris, à Grenoble où Éric Piolle est sortant, ou encore, à Strasbourg et à Besançon. À Bordeaux, Pierre Hurmic sort au coude-à-coude avec le maire LR sortant qui le devance de seulement 96 voix. Petit bémol, le score de EELV à Paris où ils obtiennent seulement 11%

En somme, le pari de EELV de capitaliser enfin ses résultats historiques aux dernières européennes est en passe de se réaliser pour ce premier tour des municipales. Dès lors le parti EELV qui dispose d’un faible ancrage local pourrait lors d’un futur second tour sortir renforcé avec plusieurs grandes villes. Des prises qui seront clés pour la future recomposition qu’ils compte opérer après les municipales, le parti écologiste cherche à constituer un nouveau mouvement politique écologiste en vue des élections présidentielles.

Le PS sauve les meubles, LR moins fringuant

Ces élections ont bien été favorable aux maires sortants. En effet, en l’absence d’alternative à la hauteur, dans certaines villes, ce sont en définitive les partis qui se sont partagés le pouvoir 30 années durant et qui disposent d’un important ancrage local qui s’en sont sortis : le Parti socialiste et Les Républicains. A la différence des dernières élections, il n’y a pas de vague de discrédits des sortants. C’est ce qu’illustre notamment le score surprise de la maire PS, Anne Hidalgo, arrivée largement en tête avec 30 %. Le Parti socialiste qui avait subi une débâcle en 2014, puis pendant les présidentielle suite à la fin du quinquennat de Hollande conserve quelques bastions comme à Lille avec un bon score de Martine Aubry.

Pour LR, ces élections municipales pourtant taillée pour le parti de droite sont plus décevantes. Si le parti a maintenu plusieurs des villes où il était sortant, il est en difficulté dans plusieurs des grandes villes qu’il espérait conquérir ou pire qu’il détenait déjà. A Paris et Lyon, les résultats sont plus que décevant alors même que Rachida Dati se retrouvait en bonne position dans les sondages. Mais c’est aussi dans des grandes villes qu’elle détient à Bordeaux, Toulouse, Marseille qu’elle se retrouve quelque peu en situation délicate. Une position largement moins favorable que prévue alors même que le parti de Gérard Larcher, sénateur LR qui a joué pour le maintien des élections, cherchait à en faire un acte de renaissance en vue des prochaines présidentielles.

Petite percée des listes d’union de la gauche

Si les listes d’Union de la gauche ne font pas une percée, c’est à Marseille qu’il crée la surprise : la candidate de Michèle Rubirola est arrivé en tête du premier tour des élections municipales avec 23,4% des suffrages. La liste « Le printemps marseillais » est une union de partis de gauche dont le PS, le PCF, LFI, et de mouvements citoyens. C’est au Havre, aussi où la liste d’union de la gauche menée par le PCF pourrait mettre en difficulté le premier ministre. Amiens où Ruffin, député LFI présente une liste « Amiens c’est le tiens » d’union de la gauche jusqu’au PS qu’il arrive deuxième. Des résultats sans éclats mais qui pourraient avec le jeu des alliances provoquer quelques surprises comme à Nantes, où d’ores et déjà la candidate PS appelle à une union de la gauche avec EELV ou encore à Toulouse, à Fleury les Aubrais (Loiret) ou Tours .

A Bordeaux, les révolutionnaires font des scores importants

Du point de vue de l’extrême-gauche, peu présente à ces élections, certaines listes notamment en région Bordelaise ont fait une percée considérable. C’est le cas notamment de Bordeaux en Lutte, et le candidat ouvrier Philippe Poutou qui obtient un peu plus de 12% des suffrages exprimés, une première dans un bastion juppéiste. Toujours dans la région bordelaise, la liste Blanquefort soutenue par le NPA a obtenu 10%, à Cenon (6,8%) et Lormont (6,97%) pour le NPA. Lutte Ouvrière a aussi fait des scores importants à Gradignan où LO a fait environs 10%, tout comme à Langon (33) ou LO a obtenus 10,6% des suffrages. Un échantillon de résultats de l’extrême-gauche qui illustre la disposition d’une partie des électeurs à exprimer par la voix anticapitaliste son opposition à Macron et à son système.

 

 

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Cette entrée a été publiée le 16 mars 2020 par dans anticapitalisme, CRISE SANITAIRE, CRISE SOCIALE, ELECTIONS, FRANCE.