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Amazon : un « gilet jaune » de Saran, licencié pour faute grave, obtient gain de cause devant les prud’hommes

Cet agent d’exploitation du site Amazon de Saran (Loiret) avait été licencié pour faute grave, le 4 décembre 2018. Dans un message posté sur Facebook, il avait appelé à bloquer l’entrepôt.

Rémi Deblois, « gilet jaune », employé du site Amazon de Saran (Loiret), a obtenu gain de cause face à son employeur, a appris franceinfo par son avocat lundi 19 octobre. Le licenciement pour faute grave a été jugé « sans cause réelle et sérieuse » par le conseil des Prud’hommes d’Orléans.

Cet agent d’exploitation avait été licencié pour faute grave, le 4 décembre 2018, après avoir posté un message sur Facebook, appelant à bloquer l’entrepôt. « Pour frapper un grand coup et nuire à l’économie, blocages des entrepôts Amazon. La semaine du Black Friday commence demain et c’est encore les plus aisés qui vont en profiter », avait-il écrit sur Facebook le 18 novembre 2018.

« Amazon a voulu faire un exemple », selon son avocat

« Je pense en effet qu’Amazon a voulu, dès le début du mouvement des ‘gilets jaunes’, faire un exemple », a réagi son avocat Me Avi Bitton mardi 20 octobre auprès de franceinfo. « Le problème, c’est qu’en voulant donner l’exemple, cela s’est retourné contre eux jusqu’au point où aujourd’hui, au contraire, ils ont été condamnés et qu’ils vont devoir indemniser le salarié », a-t-il ajouté.

Il n’est pas fautif de la part d’un salarié d’appeler à manifester devant l’entreprise.

Me Avi Bitton, avocat du salarié 

à franceinfo

« Il a appelé à manifester sur la voie publique qui n’est pas un lieu privé et qui n’appartient pas à Amazon. Alors certes, effectivement, lorsque vous manifestez, cela bloque la circulation, les entrepôts et les camions d’Amazon. Mais c’est le propre d’une manifestation », a argumenté Me Avi Bitton.

Selon l’avocat de ce salarié d’Amazon, une décision inverse du tribunal aurait créé un dangereux précédent : « Si le tribunal avait jugé fautif le fait pour un salarié d’appeler à manifester devant son entreprise, ça voudrait dire que, demain, tous les salariés qui lancent une grève et appellent leurs collègues à manifester devant l’entreprise ne pourraient plus le faire », a-t-il déclaré. « Or, ce sont deux droits fondamentaux, le droit de grève, mais aussi le droit de manifester et la rue. Le domaine public n’appartient pas à l’entreprise. Tout citoyen et même tout salarié d’une entreprise est libre de manifester sur le domaine public, y compris devant sa propre entreprise », a-t-il ajouté.

« Amazon peut faire appel, mais cet appel n’est pas dénué de risques pour eux », a prévenu l’avocat. « La Cour d’appel pourrait alourdir la sanction et attribuer davantage de dommages et intérêts au salarié », a-t-il conclu.

Une « attitude déloyale » selon Amazon

La multinationale estimait que cet employé avait notamment eu une « attitude déloyale », vis-à-vis de son employeur. L’employé considérait de son côté que son message relevait de « la liberté d’expression » et d’opinion. La justice a estimé que ce message avait « une portée générale », avec la volonté de « nuire à l’économie », et non à l’entreprise. Le conseil des prud’hommes a jugé aussi qu’il ne « dénigrait pas la société » dans ce message Facebook.

L’entreprise SAS Amazon France Logistique a été condamnée et doit indemniser cet employé pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.

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Cette entrée a été publiée le 20 octobre 2020 par dans AMAZON, AVOCAT-E-S, FRANCE, ORLEANS AGGLOMERATION, OSTRACISME.