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Bolivie : Luis Arce, candidat socialiste, élu président dès le premier tour !

Le candidat socialiste aurait obtenu entre 52 % et 53 % des voix, selon les sondages de sortie des urnes. 

Par Angeline Montoya  

Le candidat pro-Morales, Luis Arce (au centre), et son colistier (à droite), David Choquehuanca, le 19 octobre à La Paz. UESLEI MARCELINO / REUTERS

C’est une consécration sans appel, et à laquelle personne ne s’attendait. Après six heures d’une attente tendue, deux sondages de sortie des urnes ont attribué la victoire dès le premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 18 octobre, au candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), Luis Arce.

Selon ces résultats encore partiels de l’Institut Ciesmori et de la Fondation Jubileo, M. Arce aurait obtenu entre 52 % et 53 % des voix, très loin devant son rival de droite, Carlos Mesa, qui n’est crédité que de 31 % des suffrages. Le troisième en lice, le leader régionaliste de Santa Cruz, Luis Fernando Camacho (extrême droite), n’en obtiendrait que 14 %.

La présidente par intérim, Jeanine Añez, a reconnu la victoire de Luis Arce et de son colistier, David Choquehuanca : « Je félicite les gagnants et je leur demande de gouverner en pensant à la Bolivie et à la démocratie », a-t-elle tweeté à peine une demi-heure après la publication des sondages.

« Nous avons récupéré la démocratie et, surtout, nous avons récupéré l’espérance, a déclaré Luis Arce, le dauphin de l’ancien président Evo Morales, depuis son QG de campagne à La Paz. Nous allons gouverner pour tous les Boliviens, nous allons construire un gouvernement d’union nationale. »

« Retisser les liens avec les forces armées »

A 2 h 30 du matin heure locale (8 h 30 à Paris), seuls 8,8 % des bulletins de vote avaient été dépouillés par le tribunal supérieur électoral. Les résultats officiels ne sont donc pas attendus avant, au moins, l’après-midi de lundi. « La différence de plus de vingt points entre Arce et Mesa est tellement énorme qu’il est peu probable que les résultats soient très différents de celui du sondage de sortie des urnes », souligne l’historien et journaliste Pablo Stefanoni, spécialiste de la Bolivie. Selon ce même sondage, le MAS obtiendrait la majorité absolue au Sénat, avec 19 sièges sur 36.

Les défis qui attendent Luis Arce sont de taille. Au niveau politique d’abord. « Il n’a pas la base sociale d’Evo Morales, il va devoir trouver sa place et construire un leadership propre au sein du MAS, considère Pablo Stefanoni. Mais avec une telle victoire, il sera plus facile pour lui de retisser les liens avec les forces armées ou le secteur entrepreunarial de Santa Cruz. » Au niveau économique, ensuite. Luis Arce hérite d’une situation catastrophique après les onze mois d’administration du gouvernement intérimaire de Jeanine Añez, et en particulier sa gestion de la pandémie. Le pays, qui est le troisième au monde – derrière le Pérou et la Belgique – en nombre de morts par million d’habitants dus au Covid-19, est plongé dans une profonde crise sociale, politique, sanitaire et économique.

Architecte du « miracle économique » des quatorze années de présidence d’Evo Morales, Luis Arce va devoir démontrer qu’il sera, là encore, à la hauteur. Mais, dans un contexte économique radicalement différent, privé, notamment, des prix élevés des matières premières grâce auxquels il avait pu financer ses mesures sociales en appliquant une politique extractiviste.

La journée électorale de dimanche avait eu lieu sans heurts majeurs, avec de longues queues devant les bureaux de vote en raison des mesures de distanciation physique. A La Paz ou El Alto, bastion du MAS sur les hauteurs de la capitale administrative du pays, électeurs de tout bord s’accordaient sur une chose : quel qu’en fût le résultat, cette élection devait signifier la fin des conflits et le retour de la stabilité.

« Tout ce à quoi nous aspirons, c’est le retour à la normalité »

« Le résultat de l’élection m’importe moins que la paix pour le pays, assurait José, 32 ans, un électeur de Carlos Mesa qui votait dans le même bureau de vote que son candidat, dans le quartier de Mallasilla (sud de La Paz). Entre les conflits sociaux et la pandémie, nous n’en pouvons plus, et tout ce à quoi nous aspirons, c’est le retour à la normalité. »

Francisco, un soudeur de 25 ans rencontré dans un bureau de vote d’El Alto, disait, lui, avoir voté pour le MAS. Mais lui aussi aspirait surtout à « la pacification du pays » : « Ici, à El Alto, nous avons eu notre lot de violences l’an dernier, trop de haine entre les Boliviens, et je veux surtout que cela ne se reproduise pas. »

Hormis Jeanine Añez, la droite n’avait pas encore réagi, dans la nuit de dimanche, à l’annonce des résultats des sondages de sortie des urnes. Carlos Mesa est donné gagnant dans trois départements (sur les neuf que compte la Bolivie) de l’est du pays. Luis Fernando Camacho, qui avait refusé, comme les autres dirigeants de droite le lui demandaient, de se retirer de la course présidentielle pour faire barrage au MAS, est premier dans celui de Santa Cruz, avec 45 % des voix.

Reste à savoir si M. Camacho, qui avait mené en 2019 les protestations contre Evo Morales, qu’il accusait de fraude, reconnaîtra les résultats ou lancera une nouvelle fronde contre le MAS. S’ils se confirment, anticipe Pablo Stefanoni, « ces résultats alimenteront en tout cas le discours du MAS selon lequel la victoire d’Evo Morales dès le premier tour de l’élection présidentielle d’octobre 2019 n’a pas été due à une fraude ».

Angeline Montoya Le Monde

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Cette entrée a été publiée le 20 octobre 2020 par dans anticapitalisme.