NPA Loiret

Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

Giscard, Président au service du Capital Oui ! Président féministe ? Pas vraiment ! Un hommage hypocrite qui réécrit l’Histoire

Après la mort de Valéry Giscard d’Estaing, une déferlante d’hommages hypocrites et mensongers tentent de l’ériger en grand féministe, ayant concédé l’accès à l’IVG pour les femmes. Il est temps de rétablir la vérité sur cette lutte emblématique qui s’est avant tout jouée dans la rue.

Anna Ky et NPA Orléans 06-12-2020.

Photo : Valéry Giscard d’Estaing, aux côtés de Simone Veil, sa Ministre de la Santé.

Un président « réformateur » et « moderne », qui a « révolutionné l’accès à la contraception », qui a « permis aux femmes d’accéder à l’IVG »… Depuis la mort de Valéry Giscard d’Estaing des suites du Covid-19 ce jeudi 3 décembre, les médias traditionnels et les personnalités politiques n’ont de cesse de vanter le bilan septennal d’un homme qui aurait été « visionnaire » et à « l’avant-garde » en matière de droits des femmes. Cet hommage unanime particulièrement hypocrite n’est pas sans rappeler la réécriture faite par le champ médiatico-politique de la bataille pour le droit à l’IVG adopté en 1975 à l’occasion de la mort de Simone Veil en 2017, ministre de la santé sous Giscard.

C’est faire abstraction de la lutte des femmes. La lutte pour l’avortement a été facilitée avec l’apparition de la méthode de Karman, dite d’avortement par aspiration. Le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) est créé en 1973 après le manifeste des 331 médecins. C’est un mouvement mixte rassemblant médecins et non-médecins, voulant que l’avortement soit exercé à la simple demande de la femme et remboursé par la sécurité sociale, en tant qu’acte médical. Ces deux objectifs seront les piliers de la loi Veil de 1975.

Disons-le tout net : non, l’accès à l’avortement rendu possible par la loi Veil n’est pas la conséquence d’une soi-disant conscience féministe de Valéry Giscard d’Estaing ni le fait d’une bataille menée par la seule ministre de la santé au parlement. Lorsque Giscard est élu en 1974, la grande vague de lutte ouverte par mai 68 en France est encore toute fraîche. Sa promesse de dépénaliser l’avortement était avant-tout une tentative de coopter un mouvement social qui ne cessait de prendre de l’ampleur : la lutte des femmes pour leur émancipation et le droit à disposer de leur corps, qui s’est traduite par ce qu’on a appelé « la deuxième vague féministe ».

Loin d’être un visionnaire, Valéry Giscard d’Estaing a été acculé par un mouvement revendicatif massif et s’est retrouvé obligé de faire des promesses électorales dans l’unique objectif d’étendre sa base sociale et de canaliser une colère et un combat qui se sont exprimés en premier lieu dans la rue. Rappelons également que la loi Veil, si elle est une première victoire obtenue par un rapport de forces imposé par des milliers de femmes, était loin d’accéder à la totalité des revendications du mouvement féministe.

Cette réforme de 1975 n’inscrit pas l’IVG comme un droit inaliénable pour les femmes dans la loi. L’accès à l’avortement était réservé aux femmes qui pouvaient justifier d’une « situation de détresse ». De plus, la loi Veil limitait le délai d’accès à l’IVG à 10 semaines de grossesse (délai étendu dans les décennies qui ont suivi) et elle laissait aux médecins une « clause de conscience » qui leur permettait de refuser de pratiquer des IVG ! Enfin, cette victoire obtenue par la seconde vague féministe était loin d’être à l’avant-garde en matière de droits des femmes. Car le premier pays à rendre l’avortement légal c’était… l’URSS en 1918, un an après la révolution et plus de 50 ans avait la loi Veil.

Réduire la bataille pour l’accès à l’avortement et le droit des femmes à disposer de leur corps à un seul homme – Valéry Giscard d’Estaing – ou au mieux à deux personnalités politiques – le président et sa ministre de la Santé – c’est un véritable crachat à la figure des militantes féministes qui n’ont eu de cesse de lutter pour l’émancipation et le droit à une vie digne. Ces hommages hypocrites et mensongers invisibilisent les femmes en lutte d’hier et les combattantes d’aujourd’hui, qui continuent à se battre pour un accès à l’avortement libre, sûr et gratuit, contre la fermeture de lits et de centres IVG, quand nos droits les plus fondamentaux ne cessent d’être attaqués.

Alors que les classes dominantes et leurs relais pleurent la mort de Valéry Giscard d’Estaing, président impérialiste qui a renforcé l’intervention de l’armée française en Afrique, nous préférons quant à nous rendre hommage à toutes les femmes qui luttent pour leur droit, à commencer par la poétesse féministe Anne Sylvestre qui nous a quittés il y a quelques jours à peine, et qui chantait des années avant la loi Veil pour le droit à l’avortement.

Peu après son entrée au gouvernement comme secrétaire d’Etat en 1959, il refuse de faire partie de la délégation pour les affaires économiques dans le cadre des négociations avec le Front de libération nationale (FLN) en vue de l’indépendance de l’Algérie.  Il est en effet longtemps partisan de l’Algérie française comme son patron le premier ministre Michel Debré et des liens entre lui et l’organisation de l’armée secrète (OAS) sont régulièrement évoqués.. Ses diverses correspondances de l’époque montrent qu’il est troublé par l’idée de l’indépendance, à laquelle le général de Gaulle ne semble plus s’opposer, ainsi que par le refus de celui-ci d’aborder la question algérienne en Conseil des ministres.

Il s’oppose au projet de train à grande vitesse (TGV) de la SNCF, lui préférant le projet d’aérotrain ; en mars 1974, lors d’un conseil interministériel restreint sur les économies d’énergie, après trois heures de discussions, le président Pompidou coupe court au débat en avalisant le projet43. Est également décidé le lancement d’un important parc de centrales nucléaires, ce qui conduit Valéry Giscard d’Estaing à lancer un emprunt international de 1,5 milliard de dollars.

 Le 5 mai 1974, après moins d’un mois de campagne, il arrive en deuxième position avec 32,60 % des voix, derrière François Mitterrand (43,25 %), candidat de l’Union de la gauche, mais largement devant Jacques Chaban-Delmas (15,11 %). Entre les deux tours, lors du débat télévisé qui l’oppose au candidat de la gauche, sa phrase « Vous n’avez pas le monopole du cœur » marque les esprits. Le 27 mai 1974, Valéry Giscard d’Estaing devient le troisième président de la Ve République. Certaines mauvaises langues diront qu’en sous-main le PCF déçu et battu, a tout fait pour que Mitterrand soit battu en faisant voter Giscard !

L’abaissement de la majorité civile et électorale de 21 à 18 ans, profitant à plus de deux millions de jeunes, est également perçue comme une prise de risque sur le plan électoral pour Giscard, cette frange de la population lui étant majoritairement hostile

. L’Université est reformée avec pour objectif de mettre fin à l’« utopie totalitaire » d’après-Mai 68, selon les termes de la ministre Alice Saunier-Seïté.

La loi « sécurité et liberté », adoptée trois mois avant l’élection présidentielle de 1981 et qualifiée de liberticide par la gauche, accroît la répression à l’égard des délinquants. Le garde des Sceaux, Alain Peyrefitte, avait initialement envisagé d’introduire l’abolition de la peine de mort dans cette loi, mais y avait renoncé face à l’opposition des députés gaullistes.

Durant son septennat, il accorde sa grâce à quatre condamnés à mort dont un mineur, et la refuse à trois reprises (Christian Ranucci – Le Pull over Rouge), estimant que la peine de mort a un effet dissuasif lorsque « les victimes sont des enfants ou des femmes faibles, maltraitées, torturées », ce que lui aurait notamment confirmé l’avocat Edgar Faure. Ce seront les dernières exécutions en France.

Après son élection à la présidence, un secrétariat d’État aux Travailleurs immigrés, confié à André Postel-Vinay, est créé. C’est sous l’impulsion du président de la République que le gouvernement suspend, en juillet 1974, l’immigration des travailleurs et des familles désireuses de rejoindre un de leurs membres en France, à l’exception des ressortissants de la Communauté européenne. André Postel-Vinay démissionne dès juillet 1974, dénonçant l’absence de politique sociale en faveur des immigrés

Au début sa présidence, plusieurs mesures sociales sont prises : le minimum vieillesse est majoré de 21 % à partir du 1er juillet 1974, l’âge légal de départ à la retraite est abaissé à 60 ans pour deux millions de personnes au métier pénible et une allocation supplémentaire d’attente (ASA), permettant aux individus licenciés pour motif économique de percevoir 90 % de leur salaire pendant un an, est créée

Le « plan Barre » du 22 septembre 1976 prévoit la limitation des hausses des salaires, le gel des prix à la consommation pour trois mois et des tarifs publics pour six mois, l’abaissement du taux de TVA sur certains produits de 20 % à 17,6 %, l’augmentation de l’impôt sur le revenu de 4 % à 8 % pour les ménages les plus aisés, ainsi que des prix de l’alcool et de l’essence. Ces mesures visent à lutter contre le chômage et à assurer une meilleure compétitivité des entreprises françaises ; le gouvernement mise sur l’appui du patronat pour maintenir le pouvoir d’achat moyen des ménages. Un deuxième plan austérité est lancé en avril 1977. Il met en place plusieurs mesures sociales pour accompagner la restructuration de l’industrie et l’assouplissement du marché du travail. Cette politique de rigueur est attachée à l’image du Premier ministre, qui n’hésite pas à déclarer que la faible productivité de la sidérurgie dans le bassin lorrain doit se traduire par la baisse du nombre d’emplois ou encore que « la politique du gouvernement ne se détermine pas en fonction de la longueur d’un cortège » de manifestants.

La politique d’austérité du gouvernement Barre est menacée par le deuxième choc pétrolier, qui se traduit par la multiplication du prix du pétrole par 2,7 entre 1978 et 1981. Valéry Giscard d’Estaing privilégie, en juillet 1979, l’adoption de nouvelles mesures de rigueur à l’hypothèse d’un plan de « refroidissement » de l’économie repoussé après l’élection présidentielle de 1981. Cette décision affecte directement la popularité du président et, plus encore, celle du Premier ministre

Mais la politique de lutte contre l’inflation ne produit pas les effets escomptés, en particulier avec les effets du deuxième choc pétrolier, et le chômage de masse apparaît. C’est pendant le mandat présidentiel de Valéry Giscard d’Estaing que le cap du million de chômeurs est franchi. Pour faire face à cette hausse du chômage, qui s’explique en partie par les gains de productivité et l’accroissement de la population active, le gouvernement prend des mesures, comme l’instauration en 1979 du contrat de travail à durée déterminée en France (CDD), qui sont jugées insuffisantes par une partie grandissante de la population.

La désindustrialisation touche la France pendant le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, ce qui conduit des dizaines de sidérurgistes à manifester dans les rues de Paris avant d’être licenciéEs.

Après avoir mis fin à la patente, qui frappe essentiellement les commerçants, l’exécutif instaure la taxe professionnelle, qui va imposer beaucoup plus lourdement l’industrie.

Valéry Giscard d’Estaing décide de poursuivre et d’intensifier le programme de développement de l’énergie nucléaire civile engagé par son prédécesseur. En 1976, la construction du supergénérateur nucléaire nommé Superphénix est décidée, et la Compagnie générale des matières nucléaires (COGEMA) et l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) sont créés.

Comme le général de Gaulle et Georges Pompidou, il mène une politique jugée proarabe et peu favorable à Israël, notamment pour assurer les approvisionnements de la France en pétrole. Il soutient l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), et refuse en 1975 de s’allier aux États-Unis contre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 6 décembre 2020 par dans FRANCE, HOMAGE.
%d blogueurs aiment cette page :