NPA Loiret

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La censure entre à l’Agglomération montargoise !

À l’occasion de sa dernière réunion de l’année, le conseil d’agglomération a adopté, comme partout, son nouveau règlement intérieur. L’occasion pour la majorité de rappeler son grand principe : ne pas faire de ce conseil une tribune politique. L’OPPOSITION NE PEUT PLUS RIEN DIRE ! (Photo Conseil d’Agglo la République du Centre)

À l’agglomération montargoise, « on ne fait pas de politique ». Cette phrase est répétée comme un mantra par le président Jean-Paul Billault et quelques-uns de ses vice-présidents, depuis leur prise de fonction en juillet. Une posture dont les élus communistes font régulièrement les frais, accusés de se servir du conseil comme d’une tribune durant leurs interventions.

À l’occasion du vote du nouveau règlement intérieur, mardi soir (15 décembre), l’élu chalettois Alexis Christodoulou a ainsi déploré que ses amendements, visant à associer les citoyens au fonctionnement de l’AME, aient systématiquement été rejetés. Réponse et tentative d’explication de Gérard Lelièvre, président de la commission : « Vous avez parlé à chaque fois de groupe politique. On a toujours dit que le conseil communautaire était apolitique, on ne veut pas de groupe, on n’a pas à faire ressortir la politique, même si elle existe« . Bref l’opposition doit se taire mon vieux Poutine !

Une volonté d’effacement de la politique : C’est une mystification d’abord et une censure réelle !

Pour l’élu communiste, il s’agit là d’une « volonté, quasi-obsessionnelle, d’effacement de la politique. C’est un des symptômes de l’extrême centre, mis en évidence par l’historien Pierre Serna.  L’extrême-centre adopte le discours politique de la modération, qui se veut au-dessus des passions partisanes. Il prétend fonder sa légitimité sur la maîtrise de la technicité des affaires. Mais, il finit par exclure toute possibilité de débat contradictoire, décrédibiliser toute forme de pluralisme. Et, à terme, on a une forme de gouvernance sans démocratie réelle. » Nous dirions une gouvernance de la droite extrême !

La politique existe pourtant partout à l’Agglo. Dans les faits, l’élaboration du budget, le choix du mode de gestion des services publics ou non, les PPP ou les grands projets sont des décisions éminemment politiques. D’ailleurs, le règlement intérieur évoque bien la notion de « majorité » à l’assemblée. Qu’est-ce qui fait, alors, une majorité (et son opposition), si ce ne sont ses orientations politiques ?

Les prises de paroles encadrées par le règlement intérieur au bon vouloir du Président ! Les autocrates bien présents !

Le nouveau règlement intérieur, comme le précédent, prévoit des dispositions pour encadrer la parole des intervenants, qui font aujourd’hui craindre aux élus communistes une tentative de les museler :  « Lorsqu’un membre du Conseil communautaire s’écarte de la question ou trouble l’ordre par des interruptions ou des attaques personnelles, la parole peut lui être retirée par le Président« , peut-on lire dans le document.

« Juger qu’un élu s’écarte du sujet peut parfois laisser place à une interprétation bien personnelle, et je souhaite m’assurer qu’à aucun moment, la parole ne sera retirée à un élu parce qu’on n’apprécie pas le fond de son discours« , a ainsi réagi l’élue montargoise Sarah Chbihi Kaddouri (PCF). 

« Si vraiment on appliquait le règlement comme vous venez de le dire, vous n’auriez pas la parole », a tenté de justifier le président Billault, pour qui ces nouvelles mesures ne sont que « bon sens ».

Il y a un an, la colère froide de Franck Demaumont pour faire respecter les élus d’opposition

Voilà qui ramène pile un an, fin 2019, à l’occasion du débat d’orientations budgétaires et d’un regrettable spectacle : l’élu montargois Bruno Nottin (PCF), dont les (longues) interventions étaient noyées dans un brouhaha constant des élus de la majorité, avait subi les invectives de plusieurs membres de l’assemblée, avant d’être coupé, sans autre forme de procès, par le président de séance, Gérard Dupaty, maire d’Amilly.

Par deux fois, Frank Demaumont, le vice-président et maire (PCF) de Châlette-sur-Loing, était venu au secours de son collègue montargois :

« Le budget, c’est le vote politique par excellence d’une collectivité. Quand on engage 30 ou 40 millions chaque année, on a le droit, quand on est dans l’opposition, de dire ce que l’on en pense, et de parler dix minutes sans que cela suscite autant de hargne. Et parfois de la haine. La démocratie, ce n’est pas la dictature de la majorité. Laissez parler ceux qui ont envie de parler. Si vous, vous n’avez rien à dire, c’est votre problème ».

Mieux vaudrait considérer la limitation du temps de parole égal pour toutes et tous ! Mais là aussi cet aspect démocratique peut être battu en brèche par les béniouioui de l’Agglo !

NPA Loiret 17-12-2020. Eléments repris de la République du Centre excellent article de  J.B. Dos Ramos

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Cette entrée a été publiée le 17 décembre 2020 par dans DEMOCRATIE, FRANCE, MONTARGIS.