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Espagne : Podemos s’enfonce dans le centrisme et la collaboration de classe !

Chaque année, le 12 octobre, l’Espagne organise la «Journée nationale» ou la «Journée de l’hispanicité», qui commémore son héritage impérialiste, notamment en Amérique du Sud et centrale. Anciennement connue sous le nom de Journée de la race [espagnole] sous la dictature fasciste du général Francisco Franco (1939-1978), cette fête est une exaltation sans complexe du chauvinisme, du nationalisme, du militarisme et de la monarchie espagnols.

Cette année, la célébration a eu lieu dans le cadre d’une campagne de droite qui vise à défendre l’héritage de l’impérialisme espagnol. À la veille de la fête nationale qui marque l’arrivée de Christophe Colomb en 1492 dans le Nouveau Monde, le chef du Parti populaire (PP) de droite, Pablo Casado, a décrit l’expansion coloniale violente de l’Espagne vers les Amériques comme «l’événement le plus important de l’histoire après l’Empire romain».

Le chef de Podemos, Pablo Iglesias, le 13 janvier 2020 (AP Photo/Manu Fernandez)

Casado a ajouté sur Twitter: «Le Royaume d’Espagne doit-il s’excuser parce qu’il y a cinq siècles, il a découvert le Nouveau Monde, respecté ceux qui s’y trouvaient, créé des universités, engendré la prospérité, construit des villes entières? Je ne le pense pas».

Le chef du parti fasciste Vox, Santiago Abascal, a dénoncé le discours du président américain Joe Biden lors du Columbus Day. Biden, se posant en critique de la brutalité du colonialisme espagnol, a déclaré que l’arrivée de Colomb a conduit à «une vague de dévastation» pour les Amérindiens. Abascal a qualifié Biden de «lamentable président des États-Unis», ajoutant: «Il vient de s’attaquer au grand chef-d’œuvre de la conquête espagnole: l’évangélisation. Comme nous pouvons être fiers de ce que nos ancêtres ont fait», a-t-il ajouté, décrivant les colonies espagnoles comme «l’empire des droits de l’homme».

Au milieu de cette défense hystérique du bilan barbare de l’Espagne dans ses colonies par l’élite dirigeante et les médias, le parti Centriste Podemos, le partenaire de coalition du Parti socialiste (PSOE) au gouvernement, a envoyé une grande délégation  pour assister au défilé militaire du 12 octobre à Madrid. Il s’agissait d’un signal de sa volonté d’unité avec les idées de la droite !  Quatre ministres de Podemos et un certain nombre de législateurs ont partagé une loge avec Abascal et Casado, alors que 2.656 soldats défilaient sur le boulevard Castellana, suivis par 115 véhicules et 68 avions au-dessus de leur tête.

Après l’événement, les ministres de Podemos ont assisté à la réception que le roi Felipe VI accorde aux principaux dirigeants civils et militaires espagnols ainsi qu’à des membres éminents de la classe dirigeante.

Le nouveau chef de Podemos, la ministre du Travail et vice-première ministre Yolanda Díaz, a tweeté en soutien à l’armée espagnole :  « Aujourd’hui, nos forces armées défilent et je veux leur montrer respect et gratitude. Un nouveau pays avance : un pays qui protège, qui est pluriel et qui regarde vers l’avenir ».

Fondé en 2014, se vantant d’être entré dans la politique espagnole pour «démocratiser» le régime post-Franco et redistribuer les richesses vers les plus pauvres, Podemos a plutôt canalisé l’opposition sociale croissante au capitalisme vers le PSOE, le principal parti de gouvernement des classes dirigeantes depuis la chute du régime fasciste franquiste en 1978. Le PSOE est depuis des décennies un parti de la guerre impérialiste et de l’austérité de l’Union européenne (UE).

Une fois au pouvoir en 2019, Podemos n’a cessé de couvrir les menaces de coup d’État au sein de l’armée. Il tente d’endormir les travailleurs en prétendant que les individus impliqués étaient vieux et ivres, lorsque d’anciens officiers de haut rang ont déclaré leur loyauté à Franco et appelé à tuer «26 millions» d’électeurs de gauche et leurs familles, y compris tous les électeurs de Podemos. Ces officiers ont ensuite été publiquement félicités par le parti d’extrême droite Vox.

Pablo Iglesias, alors secrétaire général et vice-premier ministre de Podemos, a prononcé un discours télévisé à une heure de grande écoute pour rejeter les menaces, déclarant: «Ce que ces messieurs disent, à leur âge et déjà à la retraite, lors d’une discussion avec quelques verres de trop, ne constitue pas une menace».

L’armée espagnole devrait également recevoir son budget de financement dans le dernier budget d’austérité PSOE-Podemos en cours de négociation au parlement. Selon une étude de l’organisation pacifiste Centre Delàs d’Estudis per la Pau, les dépenses militaires totales ont augmenté de 9,4 pour cent cette année, battant son record antérieur de hausse, passant de 19,7 milliards d’euros en 2020 à 21,6 milliards d’euros en 2021. Cela contraste avec ce qui sera dépensé cette année pour des questions sociales fondamentales comme la promotion de l’emploi (7,4 milliards d’euros), les services sociaux (5,2 milliards d’euros) ou le logement (2,2 milliards d’euros).

Tous ces chiffres montrent  que l’establishment militaire sort renforcé. Ils démentent les affirmations selon lesquelles, lors d’une pandémie de COVID-19, il n’y a pas d’argent pour mettre en œuvre une stratégie d’éradication et appliquer des politiques telles que l’hébergement chez soi, l’arrêt du travail non essentiel et la subvention des petites entreprises. Au lieu de cela, le gouvernement PSOE-Podemos a choisi de donner la priorité aux profits sur les vies, ce qui a entraîné plus de 100.000 décès. Alors que l’économie est désormais totalement rouverte, des milliers de personnes sont encore infectées chaque jour ; le nombre de décès hebdomadaires dépasse toujours la centaine.

Dans le même temps, alors que la COVID-19 continue de faire rage dans le monde, PSOE-Podemos continue d’investir davantage dans les armes. En 2021, 2,3 milliards d’euros seront dépensés, soit 177 millions d’euros de plus que l’année précédente, garantissant ainsi que ses fabricants d’armes nationaux profiteront de la poudrière mondiale, alors que toutes les puissances impérialistes se réarment et se préparent à de nouveaux conflits entre grandes puissances.

Il reste, malgré tout, une opposition profonde et historiquement enracinée au militarisme et au nationalisme dans la classe ouvrière en Espagne et au niveau international.

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