NPA Loiret

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L’appel des 565 militants laïques en soutien à la candidature de Jean Luc Mélenchon : Une manœuvre du POI ? + Droit de réponse de la Libre Pensée !

Ce n’est pas le fait du hasard que cet appel en défense de la loi de 1905 arrive après la réunion POI-Union Populaire tenue au siège du 87 rue du Faubourg Saint Denis le 24 janvier. (Local du POI)

Le courant lambertiste des origines, à un moment où progressivement les deux grands partis représentant la classe ouvrière, social-démocratie et communiste, ont commencé à abandonner la bataille laïque, l’OCI a relevé le gant.

 La bourgeoisie française a eu une politique semi-laïque des grandes lois organiques fondant l’instruction publique, laïque et obligatoire de 1880 à 1914, la séparation de l’Église et de l’État de 1905 à 1914.

Pour expliquer que les prolétaires français devaient crever la peau des prolétaires allemands, on réintègre curés, pasteurs, rabbins et imams aux armées. Mais grosso modo, malgré quelques attaques liées sous la IVème République aux accords des partis ouvriers avec le parti clérical MRP, lesquelles procédaient de l’alliance de « la Rose et du Réséda(1) » dans la résistance et après la Libération, la politique de la bourgeoisie favorisait l’enseignement public et respectait la séparation de 1905.

L’effondrement de la IVème République dans son incapacité à régler la question coloniale, permet à De Gaulle d’imposer ce qu’il énonçait dans son discours de Bayeux le 14 juin 1944, comme officier supérieur, catholique et dans la tradition du nationalisme intégral de Charles Maurras. A peine a-t-il mis le pied sur le sol de France, qu’il déclare ce qu’il veut : un chef pour la Nation rassemblée et mettre fin au régime des partis. Les rapports de force et la montée prolétarienne l’en empêchent.

 En 1958, il réussit : La Vème République à travers la loi Debré c’est la réconciliation du trône et de l’autel, le bonapartisme.

A gauche, et au cœur de la résistance des instituteurs et du SNI, 500 000 militants se rassemblent à Vincennes en 1962, porteurs d’une pétition rassemblant la majorité du corps électoral. Autour du syndicalisme enseignant et des œuvres laïques se constitue le CNAL (Comité National d’Action Laïque).

Commence alors une période d’adaptation aux institutions gaullistes : au moment où se concrétisent les accords d’union de la gauche, la reconstruction du Parti Socialiste en 1971 avec beaucoup de militants qui viennent du christianisme social et de la CFDT, un PCF de la ligne Garaudy qui organise des réunions sur le thème de l’unité de l’humanisme chrétien et du marxisme, le colloque du CNAL de juillet 1972 passe sur une ligne qui n’est plus la défense du mot d’ordre « Fonds publics, à école publique ! Fonds privés à école privée ! ». 

Le projet d’unification laïque de l’enseignement, ou de nationalisation laïque porte une lourde ambiguïté.

Celle-ci éclate dès 1982, à travers la loi Savary, qui porte en fait le projet de la majorité réformiste de la FEN, d’unification du public et privé dans un seul système avec reconnaissance du caractère propre confessionnel.

Le préambule de la loi Savary stipulait : la religion concourt au service public, notion concordataire. Savary répondait à la droite qui l’attaquait à la chambre : nous aurions pu en 1981 abroger les lois laïques en une nuit, nous ne l’avons pas fait. La politique front populiste de Mitterand-Mauroy aboutit à ne satisfaire, ni la hiérarchie catholique, ni les laïques et dresse les deux France, l’une contre l’autre.

 Le mouvement laïque de ce pays qui était puissant y gagne son autodestruction : le CNAL disparait puis la FEN, centrale unitaire qui éclatera en 1992. La politique anti-laïque a continué que le gouvernement soit à droite ou à gauche.

Ce rappel historique qu’il faudrait bien sûr développer plus précisément permet de réaborder la situation actuelle du côté de la position de Mélenchon et de son mouvement l’Union populaire dans la campagne présidentielle.

Dire que Mélenchon a repris la revendication historique des laïques, tout d’abord n’est pas exact. Il est caméléon en fonction des besoins électoraux : de 1978 à 1981, Données et Arguments son journal reprend les positions laïques, de 1982 à 1984 il est dans la logique de la trahison laïque en défendant l’orientation de Savary, puis soutient l’apaisement avec Chevènement au ministère de l’Éducation Nationale, avec la constitution de la Gauche Socialiste c’est l’accord avec des composantes (Lienneman…) qui n’ont rien à voir avec la laïcité, puis PRS en reprend le flambeau…

Bref la laïcité est périodiquement utilisée puis remise au placard en fonction de l’itinéraire d’une carrière qui vise la présidentielle.

Un appel de 565 militants laïques en date du 4 février 2022 vient d’être rendu public :

On trouve la signature de Christian Eyschen, qui fut secrétaire national de la Fédération de la Libre Pensée, vice-président aujourd’hui, permanent Force Ouvrière. Celle de François Chaintron, membre du Comité de l’appel aux Laïques de janvier 1981, qui devint après le départ de la FEN secrétaire de la fédération FO de la Fonction Publique : en fait, cet appel aux laïques de Chaintron, était présidé par Alexandre Hébert (PCI).

Ce comité donnera naissance à la FCDL (Fédération des Cercles de Défense Laïques), qui se donnait pour but de reconstruire un mouvement laïque, le CNAL et la FEN ayant trahi le mandat de Vincennes, disait le texte fondateur.

Quelques semaines après la proclamation de la jeune fédération, une réunion nationale se tenait à Paris sous l’autorité de Pierre Lambert (PCI) et Alexandre Hébert qui en préfaça la mise au placard. En fait, il s’agissait de couvrir au nom de la laïcité un tournant dans la stratégie syndicale des lambertistes.

Ces éléments sont concomitants avec le passage des enseignants trotskystes qui s’étaient toujours situés dans la défense du syndicalisme unitaire depuis 1947 vers la confédération Force Ouvrière. « Belle victoire » obtenue sous le prétexte de bataille laïque qui aboutira à laisser le champ libre au courant Unité et Action, encore contrôlé par le PCF, lorsque sera constituée la FSU (Fédération Syndicale Unitaire), et d’abandonner totalement le combat dans la fédération de parents d’élèves où le PS gagnait d’importantes positions.

 Passons sur la manière dont la fraction lambertiste a passé le rouleau compresseur dans la Fédération de la Libre Pensée qui avait une tradition pluraliste et démocratique : elle comptait des militants venant d’horizons du mouvement ouvrier différents ou attachés à l’humanisme et qui tous se reconnaissait dans l’idéal laïque. Elle est aujourd’hui un pur pseudopode du POI sous l’autorité ombrageuse de Christian Eyschen.

Sur le contenu de l’Appel : certes, il est souligné que Macron a mis à mal le principe républicain de 1905 et la séparation de l’Église et de l’État. Mais il n’est pas écrit que cette politique se situe dans la continuité même de ce qu’ont appliqué tous les gouvernements de la Vème République, à commencer par ceux qui, de gauche, disaient-ils, voulaient changer la vie après 1981.

 Il faut sans doute faire oublier qu’un dénommé Mélenchon a été secrétaire d’État à l’enseignement professionnel sous la gauche plurielle.

 La mémoire des signataires est faible. La logique de la politique des gouvernements à majorité socialiste, avec ou sans le PCF, allait dans le sens de l’aggravation des lois anti-laïques. Exemple, le protocole Lang-Cloupet en 1992. Exemple : un premier ministre, Michel Rocard, qui ne proposait pas moins que d’appliquer le système concordataire à tout le territoire de la République !

A qui cet appel rend-il service ? Aux laïques ?

Plus le candidat Mélenchon va entrer dans le rôle de futur président-Bonaparte, moins il pourra manœuvrer, comme il l’a fait dans son passé et ressortir la laïcité du placard. Pourquoi ? Mais parce qu’il ne sortira pas de la logique des institutions. Dans une polémique télévisuelle où il affrontait Marine Le Pen sur la laïcité, celle-ci lui rétorquait : « peut-être voulez-vous revenir sur ce qui a été réglé en 1984 ? » Silence de Mélenchon ! Il lui faut un flanc gauche, c’est le rôle qu’il assigne au POI. Mélenchon n’est pas très généreux avec ses alliés : dix postes dans le Parlement de l’Union Populaire, c’est vraiment se vendre pour trente deniers.

La revendication laïque, les églises chez elles, l’État chez lui, les fonds publics « aux organes de la pensée publique » disait Victor Hugo, est incompatible avec les institutions de cette Vème République finissante.

(1) Allusion au poème de Louis Aragon publié clandestinement pendant la guerre, qui justifie formellement l’accord du croyant et du laïque, mais en fait le Réséda est la fleur qui représente la droite politique, par sa couleur blanche, symbole de la monarchie et de l’Église, et la rose le mouvement ouvrier.

Pour lire l’appel des 565 :

https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-schiappa/blog/040222/presidentielle-lappel-de-565-militants-laiques

D’après Robert Duguet

Droit de réponse au NPA 45

Chers camarades (du moins j’espère)

Votre site internet a publié la prose du sieur Robert Duguet qui me met en cause, ainsi que mon organisation la Libre Pensée : https://npa45.org/2022/02/11/lappel-des-565-militants-laiques-en-soutien-a-la-candidature-de-jean-luc-melenchon-une-manoeuvre-du-poi/

Aussi, en vertu du droit de réponse, je vous demande de publier ce texte. Vos internautes ont droit de savoir qui il est et pourquoi il écrit cela. Le texte me mettant en cause fait 8 970 signes espaces compris, mon doit de réponse en fait 3 803, il n’outrepasse donc, loin s’en faut, les principes du droit de réponse.

Avec mes remerciements anticipés pour votre respect de  ce principe démocratique qui s ‘appelle la libre confrontation des idées qui s‘oppose à la basse calomnie.

Christian Eyschen, Secrétaire général de la Libre Pensée

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Robert Duguet, toujours vendu, jamais acheté

Ce monsieur, que l’on ne peut le qualifier de « camarade » tant sa versatilité lui vaudrait plutôt le surnom de caméléon ; a été dans sa jeunesse à l’OCI, puis s‘est rapproché du PS, puis est redevenu un compagnon de route de l’OCI, pour ensuite fricoter avec le Parti de gauche et la France insoumise. Où est-il aujourd’hui ? Même lui ne doit pas bien le savoir. A la fin, il dénonce tout le monde et se pose en parangon de vertu. Sur le plan syndical, il a été à la FEN, puis à FO, puis enfin à la FSU.

On ne peut que s’incliner devant une telle force de conviction et de fidélité à ses appartenances organisationnelles.

Qu’est-ce qui motive, à défaut de justifier, ces retournements de vestes successifs, permanents et intempestifs ? La gamelle, tout bonnement, mon bon monsieur.

Après un petit tour à l’OCI, il faut mieux se doter d’un viatique de révolutionnaire, cela peut toujours servir dans un CV, puis il rejoint Jean-Luc Mélenchon au PS en lui demandant une place de Conseil général de l’Essonne. C’est son objectif qui montre sa grandeur d’âme et le niveau de ses ambitions. On s’incline là-encore devant une telle destinée !

Mais comme partout, ses ambitions sont inversement proportionnelles à ses compétences et capacités, Jean-Luc Mélenchon finit par lui faire comprendre qu’il n’aura jamais cette place. Dépité, il reprend contact avec l’OCI pour se venger. Il participe de l’entrée des militants syndicalistes enseignants qui rejoignent la Confédération Force Ouvrière. A l’époque, espérant un poste, il ne manifeste pas le dédain d’aujourd’hui envers FO. On ne mord pas la main dont on espère qu’elle vous nourrira.

C’est encore le hiatus entre ambitions/compétences, il quittera FO et rejoindra la FSU. Toujours ses fortes convictions.

A ce moment-là, c’est un chaud partisan de la création de la FCDL, puis de la Libre Pensée. Quand on lit sur votre site comment il analyse la vieille direction sclérosée et sclérosante de la Libre Pensée de l’époque, et que l’on se rappelle ce qu’il disait sur eux ; on ne peut que rire de sidération. Il demande à être élu à la Commission administrative nationale de la Libre Pensée, personne ne le soutient dans cette quête de poste, tant il est toujours aussi incompétent et faiseur d’histoires. Dépité, il quitte la Libre Pensée et on n’entend plus parler de lui jusqu’à la publication de son billet sur votre site internet.

Venons-en maintenant au fond. Qu’il y ait des divergences historiques et politiques entre les « lambertistes » et les « pablistes » et leurs suites, cela fait partie du débat normal. Mais cela ne devrait pas vous conduire à colporter de tels ragots.

On connait l’attachement du NPA aux questions environnementales, mais il s’agit d‘une curieuse conception de l’écologie : « On ne trie pas les déchets, mais on recycle les ordures ». Ce n’est pas grandiose.

Que restera-t-il de Duguet : une flatulence sur une toile cirée. Vous ne vous grandissez pas à colporter ses diatribes vénéneuses. En politique, tout n’est pas permis.

Duguet a soutenu Jean-Luc Mélenchon, puis l’a critiqué, puis l’a re-soutenu et là, il participe d’une campagne de la réaction avec ses petits points nerveux, car le candidat de la France insoumise fait peur à la Réaction. On peut choisir un autre candidat aux présidentielles, c’est la liberté de chacun, mais faut-il participer, au nom d’un autre choix tout à fait légitime, à la lapidation politique de quelqu’un qui menace réellement le pouvoir macroniste et qui lui fait peur ? Là aussi, ce n’est pas à votre honneur.

Karl Marx avait un terme pour définir un tel individu comme Duguet : un philistin et Léon Trotstky leur a donné leur juste place : les poubelles de l’Histoire.

Salutations militantes.

Christian Eyschen, Secrétaire général de la Libre Pensée

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Cette entrée a été publiée le 11 février 2022 par dans FRANCE, MELANCHON.
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